21 - A NOS SOEURS RECTIFIEES

ESSAI THÉOSOPHIQUE

La Place de Marie dans la Réconciliation du Christ

Cette étude a pour but de montrer que sur le plan divin ou le Frère Ecossais Rectifié doit se situer pour espérer sa Réconciliation et sa Réintégration, il doit ABSOLUMENT mettre de l'Ordre dans sa conscience et il ne PEUT aboutir en étant associé à la femme dans une loge. Si le monde profane associe la Femme avec un grand F dans sa dimension sociétale, les lois civiles sont là pour y répondre et le favoriser. Mais sur le plan de la doctrine chrétienne et de sa dimension cosmique ; cela est impossible sinon à dénaturer l'espace de l'Homme dans sa dimension divine et à empêcher la Femme ce travail indispensable qu'il lui faut faire pour espérer engager la même Réconciliation mais sur un plan différent qui est celui de la Médiation de Marie. La question n'est pas d'interdire à la Femme de s'engager dans les voies initiatiques comme le Rectifié mais pas en association dans le même espace que l'homme. Sur un plan pragmatique, la Matrice de la Femme est différente de celle de l'Homme ce qui montre cette impossibilité, la conclusion divine est possible mais le chemin métaphysique est différent. Le nier est engagé la Femme dans le labyrinthe incessant de la bêtise humaine où la parité temporelle n'est pas la parité intemporelle. D'ailleurs les Ordres Monastiques dont les fondements chrétiens ne peuvent pas être critiqués ont bien séparé l'ordination masculine et féminine depuis la nuit des temps. Et personne aujourd'hui n'en conteste la nature ontologique.

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"La loi ancienne de l'homme et la nouvelle sont figurées par les deux tables de Moïse. Ces deux lois sont encore figurées par la loi de justice et de grâce du Christ.

Les femmes doivent avoir la tête couverte dans les lieux saints pour marque de leur indignité et de leur souillure, l'homme peut être autrement parce qu'il fut destiné à de plus fortes jonctions. Mais la femme étant la cause de la chute d'Adam, elle a deux fois plus de travail à faire pour sa réconciliation d'une part au niveau physique pour purifier le corps terrestre et d'autre part au niveau « spirituel ».

J'avoue que ce texte est d'une rare pertinence verbale mais il est issu des écritures bibliques par l'Apôtre PAUL et lorsque nous nous situons dans l'illuminisme du Régime Ecossais Rectifié, on comprend que la Femme peut espérer avoir sa place dans la Maçonnerie Chrétienne si celle-ci en accepte les sources et conceptions et s'interdit de réécrire les textes de la Foi Chrétienne.

Si l'on veut comparer la Maçonnerie de Tradition dite Opérative, il suffit de lire l'Histoire de la Femme dans notre société pour comprendre que l'accès à la Maçonnerie de tradition a été un moyen politique, ontologique (étudier l'origine de l'être en tant qu'être, sa conception et son origine) d'être reconnue par la société comme un être humain à part entière avec les mêmes droits que les Hommes.

Naturellement la Maçonnerie Humanisme et Laïque a ouvert ses Portes aux Femmes engagées dans cette révolution sociétale que nous ne leur contestons pas, mais ce que nous acceptons et cautionnons au plan profane, est d'une autre nature dans le monde initiatique d'une part et encore moins davantage dans celui qui s'édifie dans le Divin.

La première femme franc-maçonne aurait été Mrs Aldworth, initiée en Irlande en 1732 dans des circonstances tout à fait inhabituelles. Par la suite, il n'y eut plus de femmes dans les loges maçonniques au sens strict jusqu'à l'initiation en France de Maria Deraismes le 14 janvier 1882. On vit cependant apparaître dans cet intervalle différents ordres mixtes d'inspiration maçonnique tels que la franc-maçonnerie dite « d'adoption » en France, l'« Ordre des Mopses » en Prusse ou encore l'« Eastern Star » aux États-Unis.

En dehors de ce fait historique, il n'existe guère de précédent de l'initiation de femmes en franc-maçonnerie à cette époque. La raison principale en était très probablement le fait que les femmes étaient alors considérées comme légalement mineures, donc non libres de l'autorité de leurs pères ou maris. C'est en ce sens que l'article III des constitutions d'Anderson affirme en 1723 que les membres d'une loge : « doivent être hommes de bien et loyaux, nés libres et d'âge mûr et discrets, ni serfs ni femmes ni hommes immoraux et scandaleux, mais de bonne réputation. »

On peut y ajouter le célèbre discours Maçonnique du Chevalier de RAMSAY de 1736 énonce la même interdiction, mais en fait moins une question de principe que de protection de « la pureté de nos maximes et de nos mœurs » (sic). Il ajoute :

« Si le sexe est banni, qu'il n'en ait point d'alarmes, Ce n'est point un outrage à sa fidélité ; Mais on craint que l'amour entrant avec ses charmes, Ne produise l'oubli de la fraternité. Noms de frère et d'ami seraient de faibles armes. Pour garantir les cœurs de la rivalité. »

Je voudrais bien que nos Sœurs nous expliquent comment elles souscrivent aux Constitutions d'Anderson dès lors qu'elles s'inscrivent dans la Maçonnerie de Tradition qui est née de ces Constitutions.

A ma connaissance, aucune Sœur n'a écrit des Constitutions propres à la Maçonnerie Féminine.

Bref, revenons aux principes que nous souhaitons comprendre, pourquoi le Régime Ecossais Rectifié dans un esprit de tempérance et de compassion, il peut accepter que des Femmes deviennent Sœurs sous la réserve qu'elles en acceptent les obligations en référence au discours de Saint PAUL ci-dessus.

Il est donc intéressant de lire avec attention ce qui est écrit ci-dessous :

Le mythe catholique de la "virginité perpétuelle" de Marie

Le dogme proclamant la virginité perpétuelle de Marie fait partie du mythe selon lequel, d'après l'Eglise catholique, Marie serait sans péché. Il représente une avancée de plus dans le processus doctrinal qui intronise Marie à la place du Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ. D'après cette doctrine, Marie était vierge non seulement avant la naissance de Christ, mais encore pendant et après cette naissance.

L'enseignement officiel de Rome est le suivant :

"L'approfondissement de la foi en la maternité virginale a conduit l'Eglise à confesser la virginité réelle et perpétuelle de Marie même dans l'enfantement du Fils de Dieu fait homme. En effet la naissance de Christ n'a pas diminué, mais consacré l'intégrité virginale de sa mère. La liturgie de l'Eglise célèbre Marie comme la « Aeiparthenos » (toujours vierge)" (Catéchisme, § 499).

La doctrine de la virginité de Marie avant la naissance de Jésus est conforme à ce que déclare la Parole de Dieu ; elle constitue un élément très important de la foi biblique. Mais la Bible n'enseigne pas la "virginité perpétuelle" de Marie : elle affirme même le contraire. Elle déclare que le mariage doit être "honoré de tous" (Hébreux 13:4). Elle dit aussi : "Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte par la vertu du Saint-Esprit, avant qu'ils aient habité ensemble" (Matthieu 1:18). L'expression "habiter ensemble" implique l'intimité sexuelle.

Ce passage laisse clairement entendre que postérieurement à la naissance de Jésus, Joseph "connut" Marie : "Joseph ne la connut point jusqu'à ce qu'elle ait enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus" (Matthieu 1:24-25). Cette expression montre bien qu'après avoir épousé Joseph, Marie resta vierge jusqu'à la naissance de Jésus-Christ. Jusque-là, Joseph "ne la connut point". Les mots "jusqu'à" et "premier-né" ne donnent guère de précisions sur les événements ultérieurs. Ils permettent néanmoins de conclure que par la suite, Joseph et Marie eurent une vie conjugale normale (à moins qu'on ait décidé de défendre à tout prix la tradition de la virginité perpétuelle de Marie. Le Saint-Esprit, qui a inspiré Matthieu, ne va pas dans ce sens).

Marie aurait-elle fait vœu de virginité ?

Thomas d'Aquin, une des plus grandes autorités de l'Eglise Catholique romaine, pose la question suivante : "La Mère de Dieu a-t-elle fait vœu de virginité ?" Il répond : "La Mère du Christ n'a fait ce vœu qu'après avoir épousé Joseph. Après leur mariage, d'un commun accord, elle et son époux ont fait vœu de virginité". A cela certains textes ajoutent que Joseph avait plus de 95 ans lors du mariage, que Marie avait un peu plus de 12 ans, et que ce mariage a été pour éviter à Marie la lapidation de la femme célibataire enceinte et Joseph répondait aussi au message de Dieu transmis par l'Archange. « Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, vers une vierge qui était fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le nom de la vierge était Marie ».

Aujourd'hui encore, cette tradition est perpétuée par certains apologètes catholiques qui tentent désespérément de justifier l'enseignement catholique officiel sur Marie. Ils soutiennent qu'en raison de ce vœu de virginité perpétuelle, Marie n'a pas eu d'autres enfants. Cette doctrine est absurde : si Joseph et Marie étaient demeurés célibataires à vie, ils se seraient opposés au plan divin. Le mariage selon le plan de Dieu fait de l'homme et de la femme "une seule chair" mais uniquement au plan divin et absolument pas au plan humain voir matériel et les hallucinations apocryphes de certains ou certaines qui confondent cela avec l'androgynie ou l'hermaphrodisme qui n'existent pas dans la Bible ni dans les Ecritures. "N'avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, fit l'homme et la femme, et les deux deviendront une seule chair, ce qui veut dire qu'ils se réaliseront en tant qu'être mais non pas en devenant un Janus sinon nous sommes dans l'Hérésie spirituelle". Une fois l'union physique consommée au début de la vie conjugale, chacun des époux a le devoir de ne pas priver l'autre de ce qui est légitime sur le plan sexuel. Dieu a institué ce moyen par lequel le corps est à la fois honoré et gardé dans la sainteté. Toute abstinence doit procéder d'un commun accord, mais être temporaire. En effet, voici ce que déclare la Parole de Dieu : "Ne vous privez pas l'un de l'autre, si ce n'est d'un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière ; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente en raison de votre manque de maîtrise" (1 Corinthiens 7:5).

Si Joseph avait été d'accord pour conserver la virginité dans le mariage, il aurait péché contre un ordre explicite qu'il a reçu du Seigneur : "Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme..." (Matthieu 1:20).La Parole de Dieu rapporte que Joseph a fait exactement ce que le Saint-Esprit lui commandait, et elle donne ce témoignage : "Il ne la connut point jusqu'à ce qu'elle eût enfanté son fils premier-né..." (Matthieu 1:25). A Joseph, comme à tous les autres maris, le Seigneur donne un commandement clair et précis : "Que ta source soit bénie, et fais ta joie de la femme de ta jeunesse, biche des amours, gazelle pleine de grâce ; sois en tous temps enivré de ses charmes, sans cesse épris de son amour" (Proverbes 5:18-19). Si Marie et Joseph avaient fait vœu de virginité tout en étant mariés, ils auraient péché contre Dieu en s'opposant à ses commandements.

Selon les textes canoniques, Marie a eu une authentique vie conjugale, et Jésus a eu des frères et des sœurs, et selon certains textes dit apocryphes, Joseph avait déjà trois enfants de son 1er mariage et se retrouve seul après le décès de son épouse, et ils deviennent les demi-frères et sœurs de Jésus. Attention de ne pas prendre à la lettre, les textes bibliques du nouveau testament, Joseph était un rabbin du Sanhédrin et sa règle de vie était basé sur la Thora et donc la loi mosaïque juive. Joseph et Marie n'ont pas eu d'autres enfants après la naissance de Jésus.

Cette "virginité perpétuelle" que l'Eglise catholique attribue à Marie est donc contraire à la nouvelle loi de la Bible. Plusieurs passages font mention des frères et des sœurs du Christ Jésus. En Marc 6:3, par exemple, nous lisons : "N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Josse, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ?" De même, dans l'Evangile de Matthieu, on a : "N'est-ce pas le fils du charpentier ? N'est-ce pas Marie qui est sa mère ? Jacques, Joseph, Simon et Jude ne sont-ils pas ses frères ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ?" (Matthieu 13:55-56).Certains soutiennent qu'il ne peut s'agir là que de cousins, mais ces passages et plusieurs autres montrent que Jésus avait des demi-frères et des demi-sœurs. Le Saint-Esprit, auteur de toute la Bible, s'est exprimé ici en grec. Cette langue différencie nettement "adelphos" et "anepsios". "Delphus" signifiant "matrice", "adelphos" veut dire littéralement "frère issu de la même matrice". "Anepsios" signifie "cousin", "neveu", ou "fils d'une sœur". Quand Paul, inspiré par le Saint-Esprit, appelle Jacques "le frère du Seigneur" en Galates 3:16, il emploie le mot "adelphos" (frère), et non "anepsios" (cousin). Dans l'Evangile de Marc, le Saint-Esprit, toujours aussi précis, dit :"N'est-ce pas le charpentier, le frère [adelphos] de Jacques...?" (Marc 6:3).

Parfois, dans le Nouveau Testament, le mot "adelphos" désigne la relation fraternelle entre disciples au sein de la communauté chrétienne. Mais dans ces passages de Marc et de Matthieu, il serait absurde de prendre ce mot adelphos autrement qu'au sens propre. Le contexte désigne clairement des frères. Il ne peut pas s'agir de "cousins" : si c'était le cas, on aurait le terme "anepsioi". Le Saint-Esprit fait donc clairement ressortir que le Christ Jésus avait des frères et des sœurs. De plus, l'Evangile de Jean distingue ses frères, ses sœurs, et ses disciples : "[Jésus] descendit à Capernaüm, avec sa mère, ses frères, et ses disciples..." (Jean 2:12). Mais attention là encore, selon la loi mosaïque, la descendance directe est par le père qui donne le nom et la notion de parenté demi-frère et demi-sœur n'existent pas dans la littérature juive de ce temps car elle déshonore le nom du père.

L'Eglise catholique romaine a fait une autre tentative apparemment désespérée pour sauvegarder la tradition de la virginité perpétuelle de Marie, en supposant que lorsque l'Ecriture parle des frères et des sœurs de Jésus, il s'agirait des enfants d'une autre Marie : "A cela on objecte parfois que l'Ecriture mentionne des frères et des sœurs de Jésus. L'Eglise (catholique romaine) a toujours compris ces passages comme ne désignant pas d'autres enfants de la Vierge Marie : en effet Jacques et Joseph, 'frères de Jésus" (Mt. 13, 55), sont les fils d'une Marie disciple du Christ qui est désignée de manière significative comme "l'autre Marie" (Mt. 28, 1). Il s'agit de proches parents de Jésus, selon une expression connue de l'Ancien Testament." (Catéchisme, § 500).

Une autre Marie ? Pourquoi tordre ainsi les Ecritures ? Ce paragraphe du Catéchisme annule le verset de Matthieu qui parle de la mère biologique de Jésus, et qui donne les noms de ses frères biologiques. Voilà où on en arrive à force de vouloir propager une image faisant de Marie une créature quasi-divine, qui ne saurait s'abaisser à avoir une relation conjugale normale avec son mari Joseph. Cette image-là est un modèle indispensable pour les religieuses et les prêtres, voués au célibat. Cette tradition romaine d'une fausse Marie, vierge à perpétuité, fait de la mère du Seigneur un être éthéré, ayant des mérites qui lui appartiennent en propre ; elle conduit aussi à une conception idolâtre du célibat, lequel confèrerait une sainteté supérieure permettant d'avoir accès à Dieu. D'où cette déclaration : "Avec la Bienheureuse Mère qui a décidé se livrer entièrement à Dieu en demeurant vierge, on trouve le commencement et l'inspiration de la virginité consacrée dans l'Eglise".

Pourquoi Marie est véritablement bienheureuse.

La véritable Marie, la Marie biblique, est une croyante que toutes les générations doivent appeler bénie entre les femmes ; mais cela ne la place pas au-dessus des autres femmes, et la bénédiction dont elle jouit n'est pas identique à celle qui repose sur le Christ Jésus lui-même. Marie est bienheureuse parce qu'elle a bénéficié d'une faveur divine toute particulière, Dieu l'ayant appelée à être la mère du Seigneur. Il s'agit là d'un choix souverain de la part de Dieu, d'un choix lié à l'appartenance de Marie à la lignée royale de la maison de David.

Marie a cru, et selon la Parole de Dieu la concernant, elle a conçu le Christ Jésus, le Seigneur, et l'a mis au monde alors qu'elle était vierge. Par la suite, obéissant à la Parole du Seigneur, dont les Evangiles sont le témoignage infaillible, elle fut l'épouse de Joseph, avec lequel elle eut des enfants. La vérité toute simple, c'est que comme tous les autres vrais chrétiens, Marie de Bethlehem était une pécheresse sauvée par la foi dans la grâce de Dieu ; elle ne possédait pas, dès sa naissance, quelque justice inhérente à son être, ni une grâce particulière qui l'aurait préservée de tout péché ; elle n'a pas élevé la virginité dans le mariage au-dessus des prescriptions divines de la Parole au sujet de la vie conjugale. Ainsi elle est et demeure véritablement bénie entre toutes les femmes !

Question : "Que dit la Bible au sujet de la vierge Marie ?"

Réponse : Marie la mère de Jésus était une femme décrite par Dieu comme ayant reçu une "faveur immense" (Luc 1:28). L'expression "faveur immense" est tirée d'un seul mot grec signifiant essentiellement "beaucoup de grâce." Marie a reçu la grâce de Dieu. La grâce est une "faveur imméritée," c'est-à-dire une chose que nous recevons alors que nous ne la méritons pas. Marie avait besoin de la grâce de Dieu, tout comme vous et moi. Marie elle-même a compris ce fait, puisqu'elle a déclaré dans Luc 1:47, "... Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur..." Marie reconnaissait qu'elle avait besoin d'être sauvée, qu'elle avait besoin de Dieu comme son Sauveur. La Bible ne dit jamais que Marie était autre qu'une femme ordinaire que Dieu a choisie d'utiliser de manière extraordinaire. Oui, Marie était une femme juste qui a reçu une faveur (une grâce) de la part de Dieu (Luc 1:27-28). En même temps, Marie était également un être humain pécheur comme toute autre personne - qui avait besoin de Jésus-Christ comme son Sauveur, tout comme n'importe qui (Ecclésiaste 7:20 ; Romains 3:23 ; 6:23 ; 1 Jean 1:8).

Marie n'a pas eu d'"immaculée conception" - il n'y a aucune raison biblique qui puisse nous amener à croire que la naissance de Marie n'était pas une naissance humaine normale. Marie était vierge lorsqu'elle a donné naissance à Jésus (Luc 1:34-38), mais l'idée de la virginité perpétuelle de Marie est non biblique. Matthieu 1:25 déclare à propos de Joseph, " Mais il ne la connut point jusuq'à ce qu'elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus." L'expression "jusqu'à" indique clairement que Joseph et Marie ont eu une union sexuelle après la naissance de Jésus. Joseph et Marie ont eu ensemble plusieurs enfants après la naissance de Jésus. Jésus avait quatre demi-frères : Jaques, Joseph, Simon, et Judas (Matthieu 13:55). Jésus avait également des demi-sœurs dont on ne connaît ni les noms, ni le nombre (Matthieu 13:55-56). Dieu a béni Marie et lui a fait grâce en lui donnant plusieurs enfants, ce qui, dans leur culture, était un signe clair de la bénédiction de Dieu dans la vie d'une femme.

Une fois, alors que Jésus parlait, une femme s'est écriée dans la foule, "Heureux le sein qui t'a porté ! Heureuses les mamelles qui t'ont allaité !" (Luc 11:27). Il n'y avait pas meilleure occasion pour Jésus de déclarer que Marie était vraiment digne de louange et d'adoration. Quelle a été la réponse de Jésus ? "Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent" (Luc11:28). Pour Jésus, l'obéissance à la Parole de Dieu était PLUS IMPORTANTE que le fait d'être la femme qui l'a enfanté. Les Ecritures ne mentionnent nulle part Jésus ou quelqu'un d'autre adressant la louange, la gloire ou l'adoration à Marie. Elizabeth, une parente de Marie, a loué cette dernière dans Luc 1:42-44, mais sa louange était basée sur le fait que Marie allait donner naissance à Jésus. Elle n'était pas fondée sur une gloire quelconque inhérente à Marie.

Marie était là au pied de la croix à la mort de Jésus (Jean 19:25). Marie était avec les apôtres le jour de la Pentecôte (Actes 1:14). Mais Marie n'a plus jamais été mentionnée après le chapitre 1 du livre des Actes. Il n'apparaît nulle part que les apôtres ont confié un rôle prédominant à Marie. La mort de Marie ne figure pas dans la Bible. Il n'y a aucune trace de l'ascension de Marie ou d'un quelconque rôle exalté dans le Ciel.

Marie doit être respectée en tant que la mère terrestre de Jésus, mais elle ne doit pas faire l'objet d'une adoration métaphysique mais simplement contemporaine pour celle qui a permis au monde de recevoir la Miséricorde de Dieu et qui a voué sa vie à adorer celui qui l'a choisi. La Bible ne dit nulle part que Marie peut entendre nos prières, ou qu'elle peut servir de médiateur entre Dieu et nous. Jésus est notre seul avocat et médiateur dans le Ciel (1 Timothée 2:5). Si elle se voyait adorée ou priée, Marie dirait la même chose que les anges : "Adore Dieu !" (Apocalypse 19:10 ; 22:9).

Marie nous donne elle-même l'exemple en adressant son adoration et sa louange à Dieu seul, "Mon âme exalte le Seigneur, Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur, Parce qu'il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, Parce que le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est saint" (Luc 1:46-49).

Tout ce rappel exégétique a pour seul but de replacer la place de l'homme et de la femme dans la Chute de l'homme. Ce qui confirme que l'Homme a été émané à « l'Image et à la ressemblance de Dieu », alors que la Femme est née de l'Homme, donc elle ne peut espérer se réconcilier directement et son chemin initiatique passe obligatoirement par la recherche de la Grâce du Seigneur qui doit la reconnaître en tant que Mère du Christ mais aussi pècheresse, femme de l'Homme et ayant contrarié les plans divins de Dieu.

Ce qui d'ailleurs présente une difficulté majeure dans la lecture des Rituels du Régime Ecossais Rectifié qui ne s'adresse qu'à l'homme déchu et pas à la Femme pècheresse.

Devant cette digression, il est donc impératif que la Femme si elle veut devenir « Une Cherchante, une Persévérante et une Souffrante » c'est d'abord vers Marie qu'elle doit accomplir son Sacerdoce pour espérer peut être que Christ lui accorde sa Grâce et sa Réconciliation dans son Eucharistie salvatrice et rédemptrice, c'est pourquoi le texte de Saint Paul prend tout son sens et fait jaillir la vérité de la Création.

Je sais que ces mots peuvent être perçus comme un choc, comme une apocalypse mais ils doivent attirer notre attention et nous faire comprendre que ces erreurs et trahisons à l'égard du Seigneur ont fait déjà faits de terribles dégâts dans nos âmes, et nous ne pouvons retourner vers lui qu'en acceptant l'anthropologie de l'histoire humaine depuis le 1er Adam et ouvrant grand les yeux sur notre état de prévarication et ne plus nous enivrer du laxisme pratiqué par le plus grand nombre au bénéfice du doute où de la suffisance.

« Pour parvenir à ce but, il convient que l'opérant, c'est à dire celui qui s'engage dans son chemin de remontée vers la région de "l'élément pur", là où se trouve l'éternelle SOPHIA, abolisse en lui toute idée de chair et de sang pour atteindre l'Esprit de Vie. L'opérant doit sans cesse répéter les mots de l'instituteur ; la chair et le sang ne servent de rien, mes paroles sont ESPRIT et VIE. Il faut que dans l'opérant comme dans nous, l'idée et le mot de chair et de sang soient abolis, c'est à dire il faut que nous remontions , comme le divin Réparateur, à la région de l'élément pur qui a été notre corps primitif et qui renferme en soi l'éternelle SOPHIA, les deux teintures, l'ESPRIT et la PAROLE. Ce n'est qu'à ce prix que les choses qui se passent dans le royaume de Dieu peuvent aussi se passer en nous.

Alors « l'Ame de désir » comprendra la raison de sa nécessaire séparation définitive d'avec les trois premiers principes élémentaires qui présidèrent et à la création de ce monde de matière, afin d'entrer dans la région de l'Esprit qu'elle n'aurait jamais dû quitter. : « Tu verras pourquoi les trois Marie se trouvent au pied de sa croix pendant son supplice comme représentant les trois premiers principes élémentaires dont l'Esprit de l'homme qui se régénère est censé être entièrement séparé pour entrer dans la région de l'Esprit, la seule qui lui soit naturelle, puisque s'il ne l'avait pas abandonné autrefois, il ne serait jamais né des femmes. (le Nouvel Homme page 66).

En conclusion, et dans un souci de bienveillance et de compassion, la femme doit s'instruire des préceptes évangéliques repris dans le sacerdoce monacale des Sœurs de l'Eglise et apprivoiser la liturgie et l'ordination des femmes moniales si elles veulent espérer la réintégration spirituelle. Mais elles ne peuvent pas l'espérer en pratiquant la Maçonnerie Apocryphe Kaïnite de la mauvaise tradition porteuse du Mal. La Maçonnerie établie sur les Constituions d'Anderson est laïque et non chrétienne.

De fait, elles ne peuvent pratiquer un Rite Rectifié féminin sur ces bases et encore mois dans la mixité et encore moins espérer franchir le seuil de l'Ordre Intérieur ou l'ordination du Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte qui est l'Alpha et l'Oméga. L'ordination du CBCS n'est pas un grade maçonnique c'est un état sacerdotal en tant que chevalier du christ.

J'ajoute pour connaitre les rituels des Obédiences qui pratiquent le Régime Ecossais Rectifié, l'ont totalement amputé de ces vertus chrétiennes, et la femme qui prend le chemin de la cette Maçonnerie pratique une forme d'hérésie spirituelle. D'appliquer par le déni, un rectifié féminin au mépris de ces fondements, de réunir des femmes et des hommes dans la même loge, confirment et montrent que réunir la loge en nous et mélanger le féminin et le masculin sociétal corrompt toute la doctrine et transforme la loge en maison civile, en bafouant l'évangile de saint jean et où bien souvent l'anima prend le dessus sur le spiritus. Et il ne s'agit pas d'en débattre, les textes évangéliques ne sont pas une « matière » dont on modifie le sens au profit de la concupiscence intellectuelle.

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ÉVANGILE DE LA NATIVITÉ DE SAINTE MARIE.

Sources de la Correspondance de Saint Paul et des Corinthiens

Beaucoup de textes font commentaires de la Nativité de Marie et la naissance divine de Jésus. Et peu de véritables textes de l'Origine ou très incomplet nous sont parvenus. Alors restons humble dans cette ontologie et magnifions la naissance de Jésus Christ notre Seigneur et remercions Marie d'avoir permis à l'Eternel de nous offrir son fils sans le péché originel.

Durant plusieurs siècles, cette légende jouit, en Orient, de la plus grande célébrité ; elle fut d'abord accueillie avec un peu plus de froideur en Occident. Une tradition, que l'on ne discutait point alors, l'attribuait à saint Mathieu, et voulait qu'elle eût été écrite en hébreu ; la traduction, qui s'en répandit vers le sixième siècle, fut donnée comme l'œuvre de saint Jérôme ; et les éditeurs des œuvres complètes de ce Père ont cru pouvoir l'admettre dans leurs éditions, tout en s'inscrivant en faux contre une assertion qui n'est plus susceptible d'avoir un seul partisan.

Cet Évangile est l'un des moins chargés de circonstances fabuleuses et de miracles supposés ; quelques-uns des récits qu'il renferme sont mentionnés et signalés comme dénués de fondement dans les écrits de divers Pères de l'Église, tels que saint Augustin et saint Jérôme. Tel qu'il nous est parvenu, nous penchons à le regarder comme rédigé au sixième siècle, et il fut en possession durant tout le moyen-âge d'une célébrité soutenue.

Au neuvième siècle, la célèbre religieuse de Gandesheim, Hroswitha, en reproduisit les principaux traits dans un poème latin en vers hexamètres que nous rencontrons dans ses œuvres (Historia nativatis laudabilisque conversationis intactœ Dei genitricis, p. 73 de l'édit de 1707). Ils passèrent dans la Légende dorée ; ils figurèrent dans la Vie de Jésus-Christ, que composa Ludolphe le Saxon, prieur des Chartreux de Strasbourg, ouvrage dont la vogue fut extrême au quatorzième et au quinzième siècle. Les poètes les intercalèrent dans leurs vers, les artistes en multiplièrent les images.

L'Évangile de la nativité de Marie ne nous est parvenu qu'en latin ; plusieurs fois réimprimé dans des collections étendues, inséré dans les recueils spéciaux de Fabricius, de Jones, de Schmid et de Thilo, il présente partout un texte uniforme, et il ne paraît point qu'il en existe de manuscrits où se rencontrent des variantes dignes d'attention.

Nous pourrions ici, à l'exemple du docteur Borberg, placer en tête de la traduction de cet Évangile la correspondance échangée entre saint Jérôme et les évêques Chromatien et Héliodore ; ces lettres se trouvent dans un grand nombre de manuscrits joints à la composition qu'elles concernent; elles sont incontestablement sinon supposées, du moins défigurées par des interpolations, mais elles remontent à une époque éloignée (probablement au sixième siècle), elles ont longtemps passé pour authentiques, et, bien qu'on n'en connaisse pas le véritable auteur, on doit les regarder comme retraçant des opinions qui exercèrent un empire étendu et prolongé.

CHAPITRE I

La bienheureuse et glorieuse Marie toujours vierge, de la race royale et de la famille de David, naquit dans la ville de Nazareth, et fut élevée à Jérusalem, dans le temple du Seigneur. Son père se nommait Joachim et sa mère Anne. La famille de son père était de Galilée et de la ville de Nazareth, celle de sa mère était de Bethléem. Leur vie était simple et juste devant le Seigneur, pieuse et irréprochable devant les hommes : car, ayant partagé tout leur revenu en trois parts, ils dépensaient la première pour le temple et pour les ministres du temple ; la seconde, ils la distribuaient aux pèlerins et aux pauvres, et ils réservaient la troisième pour leurs besoins et pour ceux de leur famille. Ainsi chéris de Dieu et des hommes, il y avait près de vingt, ans qu'ils vivaient chez eux dans un chaste

mariage sans avoir des enfants. Ils firent vœu, si Dieu leur en accordait un, de le consacrer au service du Seigneur, et c'était dans ce dessein qu'à chaque fête de l'année ils avaient coutume d'aller au temple du Seigneur.

CHAPITRE II.

Or, il arriva que, comme la fête de la Dédicace approchait, Joachim monta à Jérusalem avec quelques-uns de sa tribu. C'était alors Isaschar qui était grand-prêtre. Lorsqu'il aperçut Joachim parmi les autres avec son offrande, il le rebuta et méprisa ses dons, en lui demandant comment étant stérile, il avait la hardiesse de paraître parmi ceux qui ne l'étaient pas, et disant que, puisque Dieu l'avait jugé indigne d'avoir des enfants, ses dons n'étaient nullement dignes de Dieu ; l'Écriture portant :« Maudit celui qui n'a point engendré de mâle en Israël (04) ; » et il dit que Joachim n'avait qu'à commencer d'abord par se laver de la tache de cette malédiction en ayant un enfant, et qu'ensuite il pourrait paraître devant le Seigneur avec ses offrandes. Joachim, rempli de confusion de ce reproche outrageant, se retira auprès des bergers qui étaient avec ses troupeaux dans ses pâturages : car il ne voulut pas revenir en sa maison de peur que ceux de sa tribu qui étaient avec lui ne lui fissent le même reproche humiliant qu'ils avaient entendu de la bouche du prêtre.

CHAPITRE III

Or, quand il y eut passé quelque temps, un jour qu'il était seul, l'Ange du Seigneur lui apparut avec une immense lumière. Cette vision l'ayant troublé, l'Ange calma sa crainte, lui disant : « Ne crains point, Joachim, et ne te trouble pas à mon aspect ; car je suis l'Ange du Seigneur ; il m'a envoyé vers toi pour t'annoncer que tes prières sont exaucées, et que tes aumônes sont montées jusqu'en en sa présence. Car il a vu ta honte, et il a entendu le reproche de stérilité qui t'a été adressé injustement. Or, Dieu punit le péché et non la nature ;c'est pourquoi lorsqu'il rend quelqu'un stérile, ce n'est que pour faire ensuite éclater ses merveilles et montrer que l'enfant qui naît est un don de Dieu, et non pas le fruit d'une passion désordonnée. Car Sara, la première mère de votre nation, ne fut-elle pas stérile jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans ? et cependant au dernier âge de la vieillesse elle engendra Isaac, auquel la bénédiction de toutes les nations était promise.

De même Rachel, si agréable au Seigneur et si fort aimée du saint homme Jacob, fut longtemps stérile, et cependant elle engendra Joseph, qui devint le maître de l'Egypte et le libérateur de plusieurs nations prêtes à mourir de faim. Lequel de vos chefs a été plus fort que Samson, ou plus saint que Samuel ? et cependant ils eurent tous les deux des mères stériles. Si donc la raison ne te persuade pas par mes paroles, crois à la force des exemples qui montrent que les conceptions longtemps différées et les accouchements stériles n'en sont d'ordinaire que plus merveilleux. Ainsi ta femme Anne enfantera une fille et tu la nommeras Marie, elle sera consacrée au Seigneur dès son enfance, comme vous en avez fait le vœu, et elle sera remplie du Saint-Esprit, même dès le sein de sa mère. Elle ne mangera ni ne boira rien d'impur ; elle n'aura aucune société avec la foule du peuple au dehors, mais sa demeure sera dans le temple du Seigneur, de peur qu'on ne puisse soupçonner ou dire quelque chose de désavantageux sur elle. C'est pourquoi en avançant en âge, comme elle-même doit naître d'une mère stérile, de même cette Vierge incomparable engendrera le Fils du Très-Haut, qui sera appelé Jésus, et sera le Sauveur de toutes les nations selon l'étymologie de ce nom. Et voici le signe que tu auras des choses que je t'annonce. Lorsque tu arriveras à la porte d'or qui est à Jérusalem , tu y v trouveras Anne ton épouse, Anne qui viendra au devant de toi, laquelle aura autant de joie de te voir qu'elle avait eu d'inquiétude du délai de ton retour. » Après ces paroles, l'Ange s'éloigna de lui.

CHAPITRE IV

Ensuite il apparut à Anne, l'épouse de Joachim, disant : « Ne crains point, Anne, et ne pense pas que ceque tu vois soit un fantôme. Car je suis ce même Ange qui ai porté en présence de Dieu vos prières et vos aumônes, et maintenant je suis envoyé vers vous pour annoncer qu'il vous naîtra une fille, laquelle sera appelée Marie, et qui sera bénie sur toutes les femmes. Elle sera remplie de la grâce du Seigneur aussitôt après sa naissance ; elle restera trois ans dans la maison paternelle pour être sevrée, après quoi elle ne sortira point du temple, où elle sera engagée au service du Seigneur jusqu'à l'âge de raison, servant Dieu nuit et jour par des jeunes et des oraisons ; elle s'abstiendra de tout ce qui est impur, ne connaîtra jamais d'homme, mais seule sans exemple, sans tache, sans corruption, cette Vierge, sans mélange d'homme, engendrera un fils, cette servante enfantera le Seigneur, le Sauveur du monde par sa grâce, par son nom et par son œuvre.

Lève-toi donc, va à Jérusalem, et lorsque tu seras arrivée à la porte d'or, ainsi nommée parce qu'elle est dorée, tu auras pour signe au devant toi ton mari dont l'état de la santé te rend inquiète. Lors donc que ces choses seront arrivées, sache que les choses que je t'annonce s'accompliront indubitablement. »

CHAPITRE V

Se conformant donc au commandement de l'Ange, l'un et l'autre, partant du lieu où ils étaient, montèrent à Jérusalem, et, lorsqu'ils furent arrivés au lieu désigné par la prédiction de l'Ange, ils s'y trouvèrent l'un au devant de l'autre. Alors, joyeux de se revoir mutuellement et rassurés par la certitude de la race promise, ils rendirent grâce comme ils le devaient au Seigneur qui élève les humbles. C'est pourquoi, ayant adoré le Seigneur, ils retournèrent à leur maison, où ils attendaient avec assurance et avec joie la promesse divine. Anne conçut donc, et elle mi au monde une fille, et suivant le commandement de l'Ange, ses parents l'appelèrent du nom de Marie.

CHAPITRE VI

Et lorsque le terme de trois ans fut révolu et que le temps de la sevrer fut accompli, ils amenèrent au temple du Seigneur celte Vierge avec des offrandes. Or, il y avait autour du temple quinze degrés à monter selon les quinze Psaumes des degrés. Car, parce que le temple était bâti sur une montagne, il fallait monter des degrés pour aller à l'autel de l'holocauste qui était par dehors. Les parents placèrent donc la petite bienheureuse Vierge Marie sur le premier degré. Et comme ils quittaient les habits qu'ils avaient eus en chemin, et qu'ils en mettaient de plus beaux et de plus propres selon l'usage, la Vierge du Seigneur monta tous les degrés un à un sans qu'on lui donnât la main pour la conduire ou la soutenir, de manière qu'en cela seul on eût pensé qu'elle était déjà d'un âge parfait. Car le Seigneur, dès l'enfance de sa Vierge, opérait déjà quelque chose de grand et faisait voir d'avance par ce miracle quelle serait la sublimité des merveilles futures. Ayant donc célébré le sacrifice selon la coutume de la loi, et accompli leur vœu, ils l'enrayèrent dans l'enclos du temple pour y être élevée avec les autres Vierges et ils retournèrent à leur maison.

CHAPITRE VII

Or la Vierge du Seigneur, en avançant en âge profitait en vertus, et suivant l'expression du Psalmiste, « son père et sa mère l'avaient délaissée, mais le Seigneur prit soin d'elle. » Car tous les jours elle était fréquentée par les Anges, tous les jours elle jouissait de la vision divine qui la préservait de tous les maux et qui la comblait de tous les biens. C'est pourquoi elle parvint à l'âge de quatorze ans sans que non seulement les méchants pussent rien découvrir de répréhensible en elle, mais tous les bons qui la connaissaient trouvaient sa vie et sa manière d'agir dignes d'admiration. Alors le grand-prêtre annonçait publiquement que les Vierges que l'on élevait soigneusement dans le temple et qui avaient cet âge accompli s'en retournassent cher elles pour se marier selon la coutume de la nation et la maturité de l'âge. Les autres ayant obéi à cet ordre avec empressement, la Vierge du Seigneur Marie fut la seule qui répondit qu'elle ne pouvait agir ainsi, et elle dit : « Que non seulement ses parents l'avaient engagée au service du Seigneur, mais encore qu'elle avait voué au Seigneur sa virginité qu'elle ne voulait jamais violer en habitant avec un homme. » Le grand-prêtre fut dans une grande incertitude, car il ne pensait pas qu'il fallût enfreindre son vœu (ce qui serait contre l'Écriture, qui dit : « Vouez et rendez »), ni qu'il fallût se hasarder à introduire une coutume inusitée chez la nation; il ordonna que tous les principaux de Jérusalem et des lieux voisins se trouvassent à la solennité qui approchait, afin qu'il pût savoir par leur conseil ce qu'il y avait à faire dans une chose si douteuse. Ce qui ayant été fait, l'avis de tous fut qu'il fallait consulter le Seigneur sur cela. Et tout le monde étant en oraison, le grand-prêtre selon l'usage se présenta pour consulter Dieu.

Et sur le champ tous entendirent une voix qui sortit de l'oracle et du lieu de propitiation, qu'il fallait, suivant la prophétie d'Isaïe, chercher quelqu'un à qui cette Vierge devait être recommandée et donnée en mariage. Car on sait qu'Isaïe dit : « Il sortira une Vierge de la racine de Jessé, et de cette racine il s'élèvera une fleur sur laquelle se reposera l'esprit du Seigneur, l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de science et de piété, et elle sera remplie de l'esprit de la crainte du Seigneur. » Le grand-prêtre ordonna donc, d'après cette prophétie, que tous ceux de la maison et de la famille de David qui seraient nubiles et non mariés, vinssent apporter

chacun une baguette sur l'autel, car l'on devait recommander et donner la Vierge en mariage à celui dont la baguette, après avoir été apportée, produirait une fleur, et au sommet de laquelle l'esprit du Seigneur se reposerait sous la forme d'une colombe.

CHAPITRE VIII

Il y avait parmi les autres de la maison et de la famille de David, Joseph, homme fort âgé, et tous portant leurs baguettes selon l'ordre donné, lui seul cacha la sienne. C'est pourquoi, rien n'ayant apparu de conforme à la voix divine, le grand-prêtre pensa qu'il fallait derechef consulter Dieu, et le Seigneur répondit que celui qui devait épouser la Vierge était le seul de tous ceux qui avaient été désignés qui n'eût pas apporté sa baguette. Ainsi Joseph fut découvert Car lorsqu'il eut apporté sa baguette, et qu'une colombe, venant du ciel, se fut reposée sur le sommet,il fut manifeste pour tous que la Vierge devait lui être donnée en mariage. Ayant donc célébré les fiançailles selon l'usage accoutumé , il se retira dans la ville de Bethléem, pour arranger sa maison et pourvoir aux choses nécessaires pour les noces. Mais la Vierge du Seigneur Marie, avec sept autres Vierges de son âge et sevrées avec elle, qu'elle avait reçues du prêtre, s'en retourna en Galilée dans la maison de ses parents.

CHAPITRE IX

Or, en ces jours-là, c'est-à-dire au premier temps de son arrivée en Galilée, l'Ange Gabriel lui fut envoyé de Dieu pour lui raconter qu'elle concevrait le Seigneur et lui exposer la manière et l'ordre de la conception. Etant entré vers elle, il remplit la chambre où elle demeurait d'une grande lumière, et, la saluant avec une très grande vénération, il lui dit : « Je te salue, Marie, Vierge du Seigneur, très agréable à Dieu, pleine de grâce ; le Seigneur est avec toi ; tu es bénie par-dessus toutes les femmes, tu es bénie par-dessus tous les hommes nés jusqu'à présent. »Et la Vierge, qui connaissait déjà bien les visages des Anges, et qui était accoutumée à la lumière céleste, ne fut point effrayée de voir un Ange, ni étonnée de la grandeur de la lumière, mais son seul discours la troubla, et elle commença à penser quelle pouvait être cette salutation si extraordinaire, ce qu'elle présageait ou quelle fin elle devait avoir. L'Ange, divinement inspiré, allant au devant de cette pensée : « Ne crains point, dit-il, Marie, comme si je cachais par cette salutation

quelque chose de contraire à ta chasteté. C'est pourquoi, étant Vierge, tu concevras sans péché et tu enfanteras un fils. Celui-là sera grand, parce qu'il dominera depuis la mer jusqu'à la mer, et depuis le fleuve jusqu'aux extrémités de la terre. Et il sera appelé le Fils du Très-Haut, parce qu'en naissant humble sur la terre, il règne élevé dans le Ciel. Et le Seigneur Dieu lui donnera le siège de David son père, et il régnera à jamais dans la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin. Il est lui-même le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, et son trône subsistera dans le siècle du siècle. »La Vierge crut à-ces paroles de l'Ange, mais, voulant savoir la manière, elle répondit : « Comment cela pourra-t-il se faire? car, puisque, suivant mon vœu, je ne connais point d'homme, comment pourrai-je enfanter sans cesser d'être vierge ? » A cela l'Ange lui dit : « Ne pense pas, Marie, que tu doives concevoir d'une manière humaine. Car, sans avoir de rapport avec nul homme, tu concevras en restant vierge ; vierge, tu enfanteras ; vierge, tu nourriras. Car le Saint-Esprit surviendra en toi, et la vertu du Très-Haut te couvrira de son ombre contre toutes les ardeurs de l'impureté. Car tu as trouvé grâce devant le Seigneur, parce que tu as choisi la chasteté. C'est pourquoi ce qui naîtra de toi sera seul Saint, parce que seul conçu et né sans péché, il sera appelé le Fils de Dieu. » Alors Marie, étendant les mains et levant les yeux, dit : « Voici la servante du Seigneur (car je ne suis pas digne du nom de maîtresse) ; qu'il me soit fait suivant ta parole. » (Il serait trop long et même ennuyeux de rapporter ici tout ce qui a précédé ou suivi la naissance du Seigneur. C'est pourquoi passant ce qui se trouve plus au long dans l'Évangile, finissons par ce qui n'y est pas si détaillé.

CHAPITRE X

Joseph donc venant de la Judée dans la Galilée avait intention de prendre pour femme la Vierge avec laquelle il était fiancé. Car trois mois s'étaient déjà écoulés, et le quatrième approchait depuis le temps que les fiançailles avaient eu lieu. Cependant le ventre de la fiancée grossissant peu à peu, il commença à se manifester qu'elle était enceinte, et cela ne put pas être caché à Joseph. Car entrant auprès de la Vierge plus librement comme étant son époux, et parlant plus familièrement avec elle, il s'aperçut qu'elle était enceinte. C'est pourquoi il commença à avoir l'esprit agité et incertain; parce qu'il ignorait ce qu'il avait à faire de mieux. Car il ne voulut point la dénoncer, parce qu'il était juste, ni la diffamer par le soupçon de fornication, parce qu'il était pieux. C'est

pourquoi il pensait à rompre son mariage secrètement et à la renvoyer en cachette. Comme il avait ces pensées, voici que l'Ange du Seigneur lui apparut en songe disant : « Joseph, fils de David, n'aie aucune crainte, et ne conserve aucun soupçon de fornication contre la Vierge, et ne pense rien de désavantageux à son sujet, et ne redoute point de la prendre pour femme. Car ce qui est né en elle, et qui tourmente actuellement ton esprit, est l'œuvre, non d'un homme, mais du Saint-Esprit, Car, seule entre toutes les Vierges, elle enfantera le Fils de Dieu, et tu l'appelleras du nom de Jésus, c'est-à-dire Sauveur, car c'est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés. » Joseph, se conformant au précepte de l'Ange, prit donc la Vierge pour femme ; cependant il ne la connut pas, mais en ayant soin chastement, il la garda. Et déjà le neuvième mois depuis la conception approchait, lorsque Joseph, ayant pris sa femme et les autres choses qui lui étaient nécessaires, s'en alla à la ville de Bethléem d'où il était. Or, il arriva, lorsqu'ils y furent, que le terme étant accompli, elle enfanta son fils premier-né, comme l'ont enseigné les Saints Évangélistes, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, étant Dieu avec le Père, le Fils et l'Esprit-Saint vit et règne pendant tous les siècles des siècles.

POINT DE VUE INITIATIQUE

L'Âme de la femme ne sort elle pas de la même source que l'Âme qui est revêtue d'un Corps Masculin ?

I - Chapitre

Celui ou celle qui veut appréhender cette réflexion métaphysique et spirituelle sur un plan matériel et profane sera dans la plus grave dénaturation.

En effet aussi loin que remonte la pendule de la création, cette création est une chute obligée de l'Esprit EMANE par la Pensée , la Volonté et l'Action de l'Éternel.

De cette chute, l'immensité divine a produit le Sur céleste qui devait répondre et endiguer la 1ère prévarication de l'Esprit pur émané, ainsi que les Esprits rebelles dont il avait la charge.

Bien que nanti d'un Corps glorieux, d'un Libre arbitre issue de son Émancipation, l'ESPRIT pur devenu un Androgyne et portant le nom de l'ADAM homme Dieu, il retomba dans l'infamie en voulant créer un Corps glorieux selon son Image et Ressemblance et il fut jeté dans ce corps mortel et sans vie, recouvert d'une peau de matière.

De cette action, le Céleste et la Terre prison animale, minérale, végétale furent créer en six jours afin que l'ADAM subisse la Pénitence dont il était responsable.

Donc, ce résumé nous confirme à défaut de le contester que la FEMME est créé de l'Homme et non pas issue de l'Émanation de Dieu. Je rappelle que l'homme ternaire est produit par des Esprits inférieurs qui ont coagulé le Mercure, le Sel et le Feu pour produire la Nature Passive de l'homme de la Terre. Car cette disposition selon l'Émancipation introduit le Bien et le Mal dont l'Éternel ne peut être tenu responsable.

Donc, la femme a été créée afin de permettre la reproduction passive de l'humanité sur terre et quoi que l'on veuille démontrer, elle est sur le plan spirituel un Esprit Mineur et pas Majeur.

Ceci est un fait intangible et il ne supporte pas les considérations humaines et passives à défaut de vouloir refaire la création.

Sur le plan ternaire, aucun ne peut décider si la femme est égale ou supérieure à l'homme, cela est un principe matériel et régit par les lois de chaque gouvernance humaine et terrestre et doit rester sur ce plan et la nature fait cette différence.

Sur le plan divin, nous sommes confrontés à tout autre chose et l'âme féminine est soumise à des privilèges différents issus de sa propre nature de création et non pas d'émanation. Les privilèges accordés à l'homme Dieu sont différents en ce qu'ils sont les Ainés de la Pensée, de la Volonté et de l'Action de Dieu.

Lorsque Willermoz demanda à Martinés comment il devait s'y prendre pour recevoir sa Sœur Claudine Thérèse dite Madame Provençale chez les Élus Coën, il reçut la réponse suivante :

"Comme il y a néanmoins une différence dans les privilèges qui sont accordés aux Hommes en ce qu'ils sont les ainés, je n'emploierais à votre place pour toutes les femmes que des mots de simple puissance mineure quaternaire pour constituer leur infériorité à l'égard de l'homme à qui la double puissance est réservée. (sic)

Il ne s'agit pas de statuer sur la nature passive de la femme dans la société civile et profane cela vient d'être expliqué plus haut, il s'agit de placer la réception de l'Âme féminine dans la remontée vers le Sur Céleste par la voie mineure quaternaire.

Tout autre chemin serait voué à l'échec et c'est pourquoi le terme "Réprouvé" est souvent utilisé dans cette métaphysique théurgique. Et nous avons décidé d'accueillir les deux Ames au sein de notre Temple, nous leur devons la vérité et la bienveillance dans l'amour du Christ.

Et on comprend mieux pourquoi Jean Baptiste Willermoz n'a jamais prévu ni constitué le Régime Ecossais Rectifié avec une réception féminine qui serait une contre nature dans l'ordination de l'Ordre intérieur. Ceux qui transgressent les fondements d'une science initiatique dans le Christianisme Primitif sont parjures aux serments et rituels reçus et ils reproduisent la même prévarication que l'Esprit Pur reconduit en Corps Glorieux a voulu créer selon son image et ressemblance sans avoir la capacité de le faire....

Sic Transit Gloria Mundi....

Ceci n'est pas un point de vue sociétal mais une vérité révélée par la double nature de l'homme Dieu et vouloir y introduire des considérations humaines passives et matérielles produira le contraire de ce qui est voulu. Amen

Merci de votre attention en "Esprit et Vérité" car notre responsabilité est de recevoir toutes les Ames dans la volonté d'appliquer les Quatre Vertus du Mineur Spirituel qu'il soit masculin ou féminin mais de le faire avec les Symboles attribués selon le statut de chacun uniquement..

II - Chapitre

La première femme de la création selon le Traité, ce n'est pas étonnant, est aussi la première femme de la Bible. Pourtant, Martinés se distingue d'emblée de la lettre de l'Écriture : Ève y est dépeinte initialement comme le corps ténébreux d'Adam, produit par celui-ci alors qu'il croyait, sur les conseils du Malin, engendrer une forme glorieuse semblable à la sienne. L'Ève originelle n'est donc pas émanée comme Adam par la Pensée, la volonté et l'Action divines ; elle est créée de l'homme. A ce fruit de sa prévarication, Adam a donné le nom de Houwa ou Hommesse, qui signifie chair de ma chair, os de mes os, et l'ouvrage et l'opération conçue et exercée par l'œuvre de mes mains souillées. (Traité.44)

Dans cette forme ténébreuse, l'Éternel insuffla alors une Âme vivante passive alors que l'Âme déchue d'Adam se revêtait d'un corps de Chair dont il venait d'engendrer le modèle. Désormais, l'Adam sera pourvu d'un corps matériel et d'une Âme passive ainsi qu'Ève, l'un et l'autre seront désormais habitant du Monde Terrestre en punition de la prévarication. Ils vont donc engendrer, non pas des êtres nouveaux car Dieu seul est à même engendrer, ou pour mieux dire d'émaner des êtres, mais des formes semblables aux leurs, qui serviront de véhicule à des êtres humains. En cela ils exécutent le plan divin : « Croissez et multipliez » [Ex nihilo : Je veux purger la légende selon le Talmud et la Kabbale du judaïsme, la véritable première femme d'Adam, Lilith (en hébreu : לילית), fut répudiée, puis chassée du paradis par Yahvé, parce qu'insoumise à son époux, et sexuellement libérée. Diabolisée, elle est désormais en enfer la concubine des démons, incarne l'appétit sexuel féminin, et est la reine des succubes, ces démons féminins qui vampirisent l'énergie sexuelle des hommes dans leur sommeil. Elle est un avatar déchu de la grande Déesse-Mère universelle. Cette fable est une météorite judaïque pour servir l'enfermement de la femme dans la religion juive.

Invocation du Maitre Élu Coën : " Ève la mère des vivants, Seigneur, ne fut point criminelle dans les premiers temps; tu le sais tout puissant, son origine ne vient point de ta parole, ni de ta pensée; ce n'est point l'œuvre de ton Verbe, ni celui de ta volonté; qu'il te souvienne, Seigneur, que ce n'est point la puissance d'Ève que tu as dégradée, ni sa personne que tu as frappé le premier ; ce n'est point encore sur elle que tu as manifesté en premier lieu la rigueur de ta Justice.

III - Chapitre

Exposé de « Zachariel »

Le sujet de la place d'Ève dans la Création, selon la vision de Martinés, est très « sensible » si l'on peut dire, car en effet, la compagne d'Adam a été créée en mode « intermédiaire », en tant que « fruit de la prévarication » d'Adam :

« La peine qu'Adam ressentit d'être devenu pensif et pensant ne fut autre chose que ce qui devait manifester la première des époques fâcheuses qui devaient survenir à sa postérité, et c'est de là qu'Adam conçut plus fort la grande conséquence de sa prévarication. Il la conçut par le trouble, l'agitation et les différents combats qui se passaient en lui, lorsqu'il fut resserré dans son corps second de matière terrestre. Dans cet état, il fit ses lamentations au Créateur, il réclama la clémence du Dieu vivant, qui est le Christ, et du Dieu vivifiant. L'esprit alors lui présenta dans un assoupissement le fruit de sa prévarication, ce qui acheva de le consterner et d'augmenter la violence de ses remords en considérant son ouvrage. Il conçut ce que le Créateur lui faisait demander. Ce malheureux homme sentit qu'il fallait qu'il reconnût sincèrement sa faute et qu'il la confessât, telle qu'il l'avait opérée et qu'elle lui était représentée. Adam satisfit à la volonté divine, il avoua avec la plus grande sincérité l'ouvrage de sa maudite pensée et l'opération de sa propre volonté, qui devait le lier avec le fruit de son travail pour un temps immémorial. Il confirma cet aveu en donnant à ce fruit de sa prévarication le nom de Houva, ou Hommesse, qui signifie chair de ma chair, os de mes os, et l'ouvrage de mon opération conçue et exercée par l'œuvre de mes mains souillées... » (Traité, 44).

Saint-Martin, fidèle à son maître sur ce point, comme en bien d'autres, a écrit des choses que certains considèrent comme très dures au sujet des femmes, des propos difficiles à notre époque d'égalité.

Ainsi, la femme a beaucoup trop de matière pour Saint-Martin, elle est enfermée dans une matière bien plus épaisse que celle de l'homme - il ose écrire « dégénérée » (sic), et dont elle ne peut jamais se défaire complètement. Toutes sont soumises à cette loi.

Saint-Martin en tira une conclusion radicale, sous la forme d'un secret métaphysique à propos de notre cachot matériel : « ...la Terre est relativement à l'univers, ce que la matrice est relativement à la femme ; et il n'y a dans l'univers, comme dans la femme, qu'un seul lieu consacré à la génération de l'homme. Il faut se souvenir alors que tout est altéré ; qu'ainsi le séjour de l'homme sur la Terre et son séjour dans le sein de la femme, peuvent se comparer au séjour du prisonnier dans les cachots de Bicêtre... Il faut se souvenir que l'axe de l'écliptique est incliné ; que la Terre est descendue et que la femme elle-même l'est aussi, quoique cette notion soit aujourd'hui si peu répandue ; car la source génératrice était autrefois dans le coeur de l'homme, dont la poitrine était alors le siège de la douleur, comme nous voyons que telle est la poitrine de la femme par les deux fontaines de son lait ; et dans ce temps-là, la Terre ni la matrice humaine n'étaient pas souillées et ne se comparaient pas alors à des cachots. »

Que conclure de tout cela ?

Notre « objet » étant de sortir de la prison pour aller vers la lumière, il faut accompagner celles qui s'engagent à nos côtés, avec beaucoup de bienveillance et de nombreuses attentions. Et c'est pourquoi Aristide, en tant que Président du Suprême Conseil pour l'Afrique de l'Ouest, jugea nécessaire de faire porter un « voile » à nos sœurs, s'appuyant sur ce qu'affirme Saint-Martin, dans la Leçon du 20 juillet 1774 des leçons de Lyon : « La loi ancienne de l'homme et le nouvelle figurées par les deux tables de Moïse? Ces deux lois figurées encore par la loi de justice et la loi du Christ, où de grâce. Les femmes doivent avoir la tête couverte dans les lieux saints, pour marque de leur indignité et de leur souillure; l'homme peut être autrement, parce qu'il fut destiné à de plus fortes jonctions. »

Louis-Claude de Saint-Martin reprend le point de vue de St Paul, la femme étant la résultante de la chute d'Adam, elle a deux fois plus de travail à faire pour sa réconciliation, d'une part au niveau physique pour purifier le corps terrestre (évangile de Philippe : « la femme doit se faire homme ») et d'autre part au niveau spirituel (« le même travail que l'homme »).

Cependant, et ceci est fondamental, depuis l'Incarnation, la femme, par Marie, a été portée à une dignité extraordinaire, puisqu'elle fut la matrice du Divin Réparateur. Dès lors, bien que toujours héritière d'une origine souillée, néanmoins elle est « transfigurée » spirituellement, dans la mesure où pour nous sauver, le Christ a dû se revêtir, en Marie de l'élément pur, qui est ce corps glorieux englouti dans notre matière depuis le péché :

« Ainsi ce n'est rien connaître de ce Réparateur, que de ne le considérer que sous ses couleurs extérieures et temporelles, sans remonter, par les progressions de l'intelligence, jusqu'au centre divin auquel il appartient. Puisons donc dans la diversité des caractères dont il s'est revêtu, quelques moyens d'approprier à nos faibles lumières son hommification spirituelle qui a précédé de beaucoup son hommification corporelle. Il a fallu d'abord qu'étant le principe éternel de l'amour il prit le caractère de l'homme immatériel qui était son fils ; et pour accomplir une pareille œuvre, il lui a suffi de se contempler dans le miroir de l'éternelle Vierge, ou de la SOPHIE dans laquelle sa pensée a gravé éternellement le modèle de tous les êtres.

Après être devenu homme immatériel par le seul acte de la contemplation de sa pensée dans le miroir de l'éternelle Vierge ou SOPHIE, il a fallu qu'il se revêtît de l'élément pur, qui est ce corps glorieux englouti dans notre matière depuis le péché.

Après s'être revêtu de l'élément pur, il a fallu qu'il devînt principe de vie corporelle, en s'unissant à l'esprit du grand monde ou de l'univers.

Après être devenu principe de vie corporelle, il a fallu qu'il devînt élément terrestre, en s'unissant à la région élémentaire et de là il a fallu qu'il se fît chair dans le sein d'une vierge terrestre, en s'enveloppant de la chair provenue de la prévarication du premier homme, puisque c'était de la chair, des éléments et de l'esprit du grand monde qu'il venait le délivrer. » (Le Ministère de l'homme-esprit, Migneret, 1802).

En raison de cette œuvre magnifique, nos sœurs possèdent donc un double statut, le premier issu d'une ontologie touchée par l'ombre de la prévarication c'est certain, mais aussi un second illuminé par l'extrême valeur de l'enfantement du Divin Réparateur, ce qui pour chaque homme est un mystère extraordinaire, dont il peut d'ailleurs entrapercevoir la dimension supérieure lorsqu'il voit sa compagne porter un enfant fruit de leur union.

Il nous convient donc de bien tenir les deux bouts de la chaîne, et ne jamais en oublier une des composantes, et sans doute comprendre en mode ésotérique la signification profonde de l'une des plus belles prières chrétiennes qu'est l'Ave Maria.

En Ieschouah, lumière de nos Ames de Désir.