3 - LE MINEUR SPIRITUEL

Pour cette première lettre du Rite Écossais Rectifié, nous mettons à votre lecture un texte sur les QUATRE TEMPS DU MINEUR SPIRITUEL. Pour cette 1ère lettre, vous pourrez lire le préambule. La lettre prochaine sera sur l'Expiation- 1er thème des quatre temps. La référence de ce texte a été repris dans « Les Élus Coën et le Régime Écossais Rectifié, de l'influence de la doctrine de Martinés de Pasqually sur Jean Baptiste Willermoz », Ed. Le Mercure Dauphinois, 2010, 2012, 2013, Paris.


LES QUATRE TEMPS DU MINEUR SPIRITUEL

Martinés de Pasqually
Martinés de Pasqually

L'influence de la doctrine de Martinés de Pasqually sur Jean-Baptiste Willermoz

EXPIATION, PURIFICATION, RÉCONCILIATION ET SANCTIFICATION

1/ « Les Élus Coën et le Régime Écossais Rectifié, de l'influence de la doctrine de Martinés de Pasqually sur Jean Baptiste Willermoz », Ed. Le Mercure Dauphinois, 2010, 2012, 2013, Paris.

PRÉFACE

Comment va se traduire, pour le Régime Écossais Rectifié, cette « science de l'homme » qui provient de manière directe de l'enseignement martinésiste sur lequel s'appuie, par le biais de précédentes corrections et modifications importantes pour la rendre conforme, aux vérités de la foi chrétienne ? De quelle manière cette « science » singulière parviendra, concrètement, à prendre forme pour parvenir à se fondre entièrement aux divers degrés et niveaux de la « rectification », jusqu'au point d'être tellement intime avec le Régime Rectifié qu'il est relativement délicat en raison du génie avec lequel Willermoz savait, par de douces caresses, distribuer les éléments de cette science dans le système de l'extraire pour projeter sur elle une lumière lui permettant d'apparaitre sur toute sa profondeur et claire formulation.

L'unique manière de parvenir à résoudre ces légitimes questions, dont l'élucidation est indispensable si l'on veut arriver à comprendre l'essence spirituelle authentique du Rectifié, est de se demander en quoi consiste l'objectif premier et majeur, l'objectif central du Régime fondé par Jean Baptiste Willermoz. A présent, à cette question on peut apporter une réponse simple et immédiate, « L'unique objectif de l'initiation est de conduire du Porche au Sanctuaire » ; ce qui signifie, positivement, que le Rectifié, dont la finalité est « éclairer l'homme en le rapprochant de sa nature, son origine et son destin », ne propose d'autre programme que celui de la « Réintégration ».

Il est évident, comme le démontra Willermoz, que si l'homme ne s'était pas dégradé de sa nature en se livrant à la prévarication, il serait aujourd'hui inutile d'initier ce procédé de régénération. Mais maintenant, pourrissant dans son lamentable état, un important travail lui est imposé depuis que l'homme est «indigne de s'approcher du Sanctuaire », travail qui peut se résumer dans l'impérative obligation pour le Mineur spirituel tombé de travailler afin de recouvrer son état primitif original. Ce qui a été l'objectif reconnu de la véritable initiation par l'intermédiaire de ses prophètes et de ses envoyés qui prescrivirent toujours « une multitude d'illustrations et de purifications de tous types qui étaient exigées aux initiés et seulement après les avoir préparés de cette manière en leur faisant découvrir l'unique chemin qui pouvait conduire l'homme vers son état primitif et le rétablir dans ses droits perdus»(Instruction secrète). S'il n'y a pas d'autre finalité pour l'initiation, ni d'autre objectif plus précieux et vital, soutenu avec grande force et énergique conviction par Jean Baptiste Willermoz, alors il est nécessaire de préparer une « route » incarnant ce qui serait et il pensa à l'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, la rectification promise en 1778 Lyon .

Curieusement, pour arriver à la pratique de ce procédé de réintégration de l'homme, presque invisible et qui donne à première vue un vernis « éthique » ou « moral » qui parviendra à tromper quelques Maçons, et pas des moins instruits. Le Rectifié reprendra pour son compte, sans plus révéler, les thèses de Martines relatives au culte primitif, et reproduira ainsi les grands principes de la doctrine des Coëns : « L'homme, être spirituellement mineur, devait pratiquer un culte. Il était pur et simple, mais ayant dégradé son être et dénaturé sa forme, son culte changea. Il est resté assujetti à la loi cérémoniale du culte. L'homme, qui participe à la nature divine et complète la quadruple essence, doit rendre un culte correspondant aux quatre facultés divines desquelles il est l'image et la ressemblance».


Il est sûr que le culte pratiqué par les Cohen intégrait des éléments du culte célébré par Adam, mais plus perfectionnés, les rendant plus efficaces et justes : « Culte d'expiation, purification, réconciliation, sanctification. Le dernier correspond à la pensée divine, le troisième à la volonté ou au verbe, le deuxième à l'action, le premier à l'opération. L'homme dans son premier état ne devait pratiquer pour lui qu'un culte de sanctification et de louanges. Il était l'agent par qui les esprits qu'il devait apporter de retour devait opérer les trois autres .Après avoir chuté il doit fonctionner ainsi. Ces quatre cultes sont désignés dans l'ancienne loi par les 4 différents sacrifices réalisés par le grand prêtre par les 4 espèces

d'animaux. Ils l'étaient également par 4 fois, ou fêtes principales, et pour les 4 prières quotidiennes. Le véritable culte fut enseigné à Adam après sa chute par l'ange réconciliateur, il a été opéré saintement par son fils Abel en sa présence, réinstallés sous Énoch qui forma de nouveaux disciples, oubliés depuis par toute la terre et restaurés par Noé et ses fils, rénovés par Moïse, David, Salomon, Zorobabel et finalement perfectionnés par le Christ au milieu des douze Apôtres lors de l'Ultime Cène »(4) Ibid.

Ce culte ne sera pas enseigné en termes directs aux membres du Régime Rectifié, puisque Willermoz réserva sa connaissance, non pas pratique mais théorique, uniquement au Chevaliers Profès et Grands Profès. Cependant, il conduira les Frères du Régime à un processus de régénération spirituelle tel qu'ils accompliront, sans en être réellement conscients, les principes, les règles, les lois et les cérémonies de ce culte . Les amenant à s'engager, lentement et harmonieusement, dans un sain labeur de régénération spirituelle durant tout le temps de leur vie maçonnique. Cependant, le caractère fondamental du quaternaire va prendre avec le Régime Rectifié, qui se libère des marques de la maçonnerie structurée en trois grades d'Apprenti, Compagnon et Maître, une évidente dimension qui va positionner le système de Willermoz en une soudaine attitude, et pour certains une choquante originalité, accouplant cette forme avec les convictions de la doctrine Cohen qu'il reprend complètement à son compte et y souscrit sans réserves . Ainsi, pour réédifier le temple tripartite détruit et en ruines, le Mineur de puissance quaternaire devra, en quatre temps, retrouver les éléments du culte originel fondé sur les quatre sacrifices, les quatre prières journalières et les quatre fêtes principales. Ensuite nous trouvons tellement mieux car Willermoz, désireux d'amener son Ordre vers les auspices du « véritable culte » et du sacerdoce primitif, construisit son système maçonnique en quatre grades et non en trois, s'engager, lentement et harmonieusement, dans un sain labeur de régénération spirituelle durant tout le temps de leur vie maçonnique.

Revenant avec un sentiment consommé de la pédagogie spirituelle sur les grandes lignes de l'histoire universelle, Jean-Baptiste Willermoz, qui observera sur ce point une grande fidélité en respectant l'enseignement de Martines de Pasqually, surtout quand cela, comme c'était naturel, se fondait et se basait à l'exposition de sa doctrine dans le texte et la lettre de la Sainte Écriture. Prenant ensuite toute la perspective de son système initiatique en une subtile œuvre de régénération, extrêmement réaliste, suivant pas à pas les différentes étapes qui virent Adam écoutant malheureusement le père du mensonge, être dépossédé de son état glorieux et ensuite expulsé de l'Éden pour souffrir dans ce monde ténébreux et effrayant, deuil qui l'entraîna vers l'exil. Ce qui l'amenant à une pénible expiation, dans un premier temps subie, mais que tout homme devra accepter et mettre en pratique pour pouvoir collaborer au travail de purification qui permettra à l'humanité de retrouver l'amitié de Dieu et de bénéficier de la grâce réparatrice et sanctificatrice de son Fils, offerte aujourd'hui gratuitement et librement à toute créature désireuse de retrouver le chemin qui mène à l'ineffable communion avec l'Éternel pour la reconstruction du Temple universel tripartite

ces trois parties du Temple universel, et par conséquent du Mineur, vont être particulièrement marquées et mises en évidence au sein du Régime Ecossais Rectifié, lequel, reprenant et adaptant magistralement la forme architecturale du Temple que Salomon édifia à Jérusalem des formes organisées selon les différentes salles du saint édifice : le Porche, le Sanctuaire et le Saint des Saints, parfaitement adaptables, au moins symboliquement, en ce que devrait être la réédification spirituelle de chaque enfant d'Adam, invitera les Frères à franchir les murs qui les éloignent, malheureusement, de l'enceinte sacrée et, à la suite, entrer pieusement, en baissant la tête en prenant conscience de leur faute, à l'intérieur de ce Temple majestueux pour pouvoir, finalement, entrer dans le Sanctuaire, louer la Divinité et célébrer un véritable culte, magnifiant la gloire du Père, du Fils et du Saint Esprit, en chantant l'immensité de son Amour.

Dans ce schéma tripartite de reconstruction tout participe d'un grand et scrupuleux respect à la Parole de la Révélation, tout est en profond accord avec la doctrine des pères de l'Église, tout correspond avec une exigeante connaissance de la réalité spirituelle et anthropologique

qui préside dans le fondement intérieur à la constitution de chaque être et conditionne rigoureusement les plus petits progrès du chemin personnel vers le Royaume de la Vérité.

Quand ils traitaient la question du chemin spirituel, les docteurs de la foi parlaient effectivement d'un progrès qui se décomposait en trois temps distincts, respectivement : la purification, l'illumination et l'union. La majorité des écrits s'y rapportant expliquent avec luxe de détails ce qui distingue ces trois temps et décrivent la manière d'avancer au sein de ces étapes essentielles de la perfection chrétienne ou l'âme se purifie en sentant son intelligence, sa mémoire et sa volonté. Mais la judicieuse intuition de Willermoz fut celle de conjuguer, en réunissant les quatre temps du culte primitif avec la reconstruction tripartite du Temple universel, la perspective de la « Réintégration » telle que la décrivit Martinés de Pasqually, avec des critères sûrs et sages de la tradition séculaire de la théologie ascétique et mystique. Cette pertinente « alliance » débouchera dans la constitution d'une architecture très efficace, respectueuse des fondements de la Révélation, attentive au chemin symbolique propre qui pouvaient constituer, pour la créature tombée, les degrés de son retour à l'amitié près de Dieu.

En présentant au Frère de manière claire le Porche, le Temple et le Sanctuaire comme autant d'enceintes qu'il aura à franchir pour accéder à la plénitude de l'initiation qu'il espère obtenir par son engagement dans l'Ordre, le Régime Écossais Rectifié, après avoir reconstitué avec ses trois classes (Maçonnerie, Chevalerie et Profès), les trois parties traditionnelles du Temple, s'inscriront dès à présent comme une véritable école de réalisation évangélique, à savoir, arriver à donner conscience, ici-bas, à chaque membre, Frère chéri du Seigneur, du lieu qui lui correspond et qui l'attend depuis toujours dans le Ciel près de l'Éternel.

Ces trois parties du Temple répondent à un ternaire qui nous savons occupe une place fondamentale dans le Régime Ecossais Rectifié, et vont pour cela dégager un papier central depuis le point de vue de l'application du travail initiatique qui seul pourra l'appuyer, c'est clair, car tout dépend de lui, tout provient de lui et tout conduit à lui, sur le ternaire dans le sens générique du terme. Robert Amadou a publié une table récapitulative très instructive à ce sujet, dans sa Préface aux Leçons de Lyon, précédé de cette mise en garde : « Le ternaire fut choisi entre les dix pages du livre de l'homme car il est nécessaire de commencer avec ce qui existe. 3 est le monde universel, selon lequel tout est produit et un nombre des formes produites ; nombre du Verbe et de l'Esprit Saint en action, nombre de ses agents créateurs ; nombre de notre monde, pauvres de nous, riches de nous »(7) R. Amadou, Préface aux Leçons de Lyon, op. cit. p. 45.

Avec l'objectif qui est un paradigme permanent dans son système maçonnique, Willermoz, fin pédagogue, ajoute à ce cadre général les trois temps de l'histoire de l'homme et de la reconstitution de son Temple, en insistant sur le travail nécessaire dérivant de la compréhension de cette mise dans la perspective universelle qu'il conditionne, à chaque période et pour toutes les générations qui se sont succédées et qui se succéderont en ce monde, le destin des enfants d'Adam attendant la réconciliation qui leur ouvrira à la fin les portes du Royaume: « Cette limite, écrira Saint-Martin, seule sera atteinte par celui qui sera passé par l'accaparation de la purification, aura passé toutes les épreuves que la justice exige des coupables Mineurs et aura travaillé le temps requis à la gloire du Grand Architecte de l'Univers. Cela sera le salaire que recevra chaque élu quand il aura fidèlement accompli les devoirs d'apprenti et de compagnon, pour mériter d'être reçu maître, c'est-à-dire, être admis au culte à l'autel et à porter l'encensoir »(8) L. -C. de Saint-Martin, Traité des Bénédictions.

Nous ne pouvons oublier de penser aux paroles énoncées par le frère Orateur au nouvel initié du Régime Écossais Rectifié, lui expliquant le sens des trois voyages qu'il vient de réaliser : « Les trois états de Cherchant, Persévérant et Souffrant sont autant d'alliés pour l'homme de désir qu'il nous a paru nécessaire de vous les rappeler ensemble par chacun de vos voyages. Les trois voyages dans l'obscurité vous ont figuré la pénible carrière que l'homme doit

parcourir, les immenses travaux qu'il a à réaliser sur son esprit et sur son cœur, et l'état de privation dans lequel il se trouve lorsqu'il est abandonné à ses propres lumières. L'épée sur le cœur désigne le danger des illusions auxquelles il est exposé durant sa course passagère, illusions qu'il ne peut repousser qu'en veillant et en épurant sans cesse ses désirs. Les ténèbres qui vous environnaient désignent également celles qui couvraient toutes les choses dans le principe de leur formation. Finalement, le guide inconnu qui vous a été donné pour parcourir cette route représente le rayon de lumière inné chez l'homme, seule voie pour sentir l'amour de la vérité et pouvoir arriver jusqu'à son Temple.

A ce sujet, Louis-Claude de Saint Martin, dans Les Lois Temporelles de la Justice Divine, nous explique clairement comment s'articule la triple prévarication de l'homme et la nécessité actuelle de sa triple action salvatrice et salvifique pour retrouver la grâce perdue de l'Éternel : « Le premier homme ayant prévariqué dans les trois facultés de pensée, volonté et action qui constituent l'homme comme image et ressemblance du Créateur, a soumis toute sa postérité à trois châtiments connus sous les noms de peine du corps, peine de l'âme et peine de l'esprit; chacune de ses trois souffrances correspond à une des facultés spirituelle, inhérentes chez tout être Mineur, c'est pourquoi ces facultés furent corrompues par le crime du premier homme qui eut besoin d'une souffrance correspondant à chacune d'elles, afin d'opérer sa réhabilitation, en satisfaisant la justice».

En subissant des peines du corps, peines de l'âme et peines de l'esprit, le Mineur doit pourtant obligatoirement accepter ces souffrances pour avancer en sainteté : « Trois épreuves indispensables, auxquelles le Mineur est assujetti durant son temps d'expiation ; ce sont trois barrières que l'homme plaça, suite à son crime, entre sa postérité et la maison du repos duquel il l'a fait descendre, et sa postérité ne peut en absolu revenir au principe de son origine glorieuse sans rencontrer ses imposantes barrières, il ne peut s'échapper de l'affliction liée à ces obstacles, ni des pénibles efforts qu'il a à faire pour les éluder ».

Nous pourrions trouver excessivement dur, et même d'une sévérité extrême, ce chemin qui conduit à la réconciliation, les épreuves, l'angoisse, les douleurs qui pèsent avec force, depuis Adam, sur l'ensemble de la famille humaine et cependant persiste malheureusement, montrant un entêtement incompréhensible, dans les mêmes erreurs et les fautes identiques. Est-il réellement nécessaire de supporter, se demande notre conscience, ces sévères souffrances, comme punition de nos coupables vices, pour arriver jusqu'à Dieu ? Il apparaît en réalité que tout répond à une économie mystérieuse du sacrifice dont l'objet lointain et invisible est le retour dans l'intégrité du Mineur et la réappropriation de ses droits originels perdus. Ainsi, le souligne le Philosophe Inconnu. « Malgré tout la rigueur des lois de la justice sur les différents crimes que la postérité de l'homme commet chaque jour, soit en général, soit en particulier, nous ne devons pas perdre de vue que cette justice divine, ayant pour objectif la réconciliation des hommes avec la vérité, les soutient au milieu des plaies qu'il leur inflige et tout un chacun de leurs actes sont imprégnés par des caractères de miséricorde »(11). Ibid, pp. 130-13.

Les épuisants châtiments prétendent au sauvetage de la créature, et il convient de ne pas oublier que sans cette souveraine médecine, le Mineur serait abandonné, livré totalement et définitivement aux mains des forces démoniaques qui l'entourent de toutes parts, ce que confirme cette terrible parole de Saint Jean : « Tout ici bas est soumis au pouvoir du malin » (I Juan 5 :19).

La présence constante et permanente du mal, le lieu dominant du prince de ce monde sur cette terre des ténèbres, nous donne à comprendre le papier particulier qu'ont dégagé les élus du Seigneur incarnant pleinement le « Haut et Saint Ordre » des élus de l'Éternel, en témoignant parmi les hommes son infinie miséricorde et son amour extraordinaire : «C'est pour cela que dans la plupart des manifestations de la justice divine entre la postérité des hommes, cette miséricorde a toujours été conservée à quelques élus purs et puissants qui ont

opéré le bien sur les différents cercles, avec la même efficacité que les chefs coupables avaient opéré le mal ; et à travers leurs différentes expiations, purifications et opérations de

réconciliation, ils ont rendu à ces cercles les vertus qu'ils avaient perdues, ou au moins ils les ont mis en condition de les recouvrer, en faisant usage constamment et avec confiance des différentes aides qui leur étaient dispensées par la bonté divine, conformément à leurs besoins ».(12). Ibid, p.131

Nous pouvons mesurer l'importance supérieure que représente un compromis dans cette voie d'avancement au retour vers le Seigneur, l'admirable de la décision d'un Mineur si l'on considère qu'il doit s'orienter avec valeur dans l'œuvre de réintégration passant en priorité par l'expiation, la purification, la réconciliation et la sanctification afin de réédifier les trois parties de son Temple . Œuvre bénie pour lui, évidemment, mais également pour l'ensemble de la Création qui profite, indirectement, des bénéfices de son travail sacré.

C'est pourquoi nous devons être convaincus, comme également l'exprima Saint-Martin, et bien qu'une telle entreprise paraisse excéder nos faibles capacités : « Malgré les iniques et abominables tentatives de notre ennemi commun pour nous rendre malheureux, en lui ressemblant, nous restons toujours maîtres de rendre ses efforts inutiles et de nous rapprocher de la source de tout bonheur, bien qu'elle soit tant féconde, tant charitable, tant infinie, qui bien que nous soyons si souillés pousse sans cesse près de nous »(13). Ibid, pp.131-132