28 - PREFACE INSTRUCTIVE SUR LA THEOSOPHIE ET LA THEURGIE

Exposé préliminaire à la compréhension métaphysique de ces deux sciences spirituelles

Préface

Ce texte n'est pas contradictoire ni correctif sur le discours présenté, il est complémentaire et différencié dans l'orientation qui est donnée. Chacun étant émancipé peut avoir un regard ou une analyse autre. Le plus important est l'enseignement qui est donné aux Frères du Rectifié en Aquitaine.

Pour celui qui étudie un tant soit peu la doctrine des Élus Coëns, celle que présentée dans le Traité de Martinés ou bien encore dans les différents rituels, catéchismes et textes historiques de l'Ordre, il apparaît comme une évidence que les êtres spirituels sont au cœur des travaux théurgiques et spirituels de l'Ordre et donc des enseignements qui les sous-entendent.

Mais pour autant au fur et à mesure que vous progresserez dans l'Ordre rectifié, certains éléments seront amandés ou mieux précisés à partir du 4ème grade ce que chacun peut comprendre.

Notre obligation envers nos BAFS de la classe symbolique est de leur apporter un éclairage compréhensif selon les symboles mis devant leurs yeux lors de nos assemblées.

Pour Martinés, l'œuvre de l'Éternel est tout d'abord spirituelle-divine avant d'être une œuvre de création en deux temps. Par cette œuvre, intérieure au temps, il exprima sa gloire en donnant, par son opération l'émanation, l'être à différentes classes d'esprits que nous nommons communément aujourd'hui anges.

Avant le temps, Dieu émana des êtres spirituels, pour sa propre gloire. (Traité, 1)

Ces esprits avaient été conçus dans la pensée du Créateur et résidaient en son sein bien avant leur émanation. Comment peut-on alors qualifier leur « être » dans ce sein divin ? Martinés nous donne cette réponse :

On demandera ce qu'étaient ces premiers êtres avant leur émanation divine, s'ils existaient ou s'ils n'existaient pas? Ils existaient dans le sein de la Divinité, mais sans distinction d'action, de pensée et d'entendement particulier, ils ne pouvaient agir ni sentir que par la seule volonté de l'être supérieur qui les contenait et dans lequel tout était mû; ce qui véritablement, ne peut pas se dire exister; cependant cette existence en Dieu est d'une nécessité absolue; c'est elle qui constitue l 'immensité de la puissance divine. Dieu ne serait pas le père et le maître de toutes choses s'il n'avait innée en lui une source inépuisable d'êtres qu'il émane de sa pure volonté et quand il lui plait. C'est par cette multitude infinie d'émanations d'êtres spirituels hors de lui-même qu'il porte le nom de Créateur, et ses ouvrages celui de la création divine, spirituelle et animale, spirituelle temporelle (Traité, 2).

Puis, donc ces êtres spirituels furent émanés afin de leur donner une véritable existence par une liberté totale dans le culte qu'ils devaient Lui rendre et exercer selon leur libre volonté. Avant leur chute, ces esprits émanés résidaient dans ce que Martines appelle « l'immensité divine» ou « circonférence divine» qui est le lieu de toute émanation.

Je vous ai apporté deux tableaux qui vous aideront à mieux comprendre le sens de mon propos.

Cette immensité était divisée en plusieurs cercles suivant des classes définies qui exprimaient des vertus et les puissances respectives des différents êtres spirituels émanés. Ces esprits étaient libres et distincts du Créateur et l'on ne peut leur refuser le libre arbitre avec lequel ils ont été émanés, sans détruire en eux la faculté, la propriété et la vertu spirituelle et personnelle qui leur étaient nécessaire pour opérer avec précision dans les bornes où ils devaient exercer leur puissance. (Traité, 1)

Puis, consécutivement à la chute de certains de ces esprits, l'ensemble de cette cour spirituelle fut émancipé dans une création universelle temporelle constituant ainsi une sphère surcéleste, toujours baignée de la lumière divine. A l'opposé, à peine les «démons, ou esprits pervers », eurent conçu d'opérer leur volonté d'émanation semblable à celle qu'avait opérée le Créateur ce qui constitue le motif de la 1ère chute, ils furent précipités dans des lieux de ténèbres, pour une durée immense de temps, par la volonté immuable du Créateur. » (Traité, 15)

Ces deux espaces furent séparés par une barrière spirituelle, constituée d'esprits émancipés qui composèrent l'axe feu central incréé car émané - privant ainsi les êtres déchus de toute lumière divine. Une deuxième barrière, sensible et temporelle, devait contenir l'action des esprits rebelles. Cette barrière constituée d'une couche de matière glorieuse, dite « materia prima » ou matière primitive, contenait en elle tout l'univers créé et les êtres qui l'habitent, chacun ayant un rôle à jouer dans cette création temporelle initiale. La création est alors dite temporelle car la privation des esprits déchus devait avoir un terme.

Puis vint l'émanation du Mineur Spirituel Quaternaire, autrement appelé esprit d'Adam, qui sitôt émané fut placé - Martinés dira émancipé - au centre de cette création glorieuse. Adam devait gouverner l'ensemble de la création, et les êtres l'habitant, mais aussi abréger la peine des esprits déchus en les amenant au repentir. Mais Adam chuta à son tour et du fait de cette chute, la création initiale fut bouleversée tant dans son organisation que dans sa qualité. Le ciel, ou sphère céleste, la Terre et tous ses habitants, végétaux ou animaux, furent emportés dans un mouvement de dégénération par transmutation. En effet, dans sa chute. Adam entraîna l'entièreté de la création dont la chute se traduisit par une dégradation de sa qualité matérielle, et de celle de toutes les formes corporelles qui l'habitent. Toute cette matière primitive se densifia par l'apport d'éléments mixtes et sa qualité glorieuse pure et incorruptible devint élémentaire, et donc composée et corruptible. Seuls les esprits émancipés dans cette création furent protégés des effets de cette chute.

Les premières lignes du Traité nous apprennent aussi qu'avant la création Dieu émana de son sein quatre classes d'esprits: Dénaires, Huiténaires, Septénaires et Quaternaires suivant la classification martinésienne. Chacun des esprits portent ainsi un nombre qui exprime les qualités de sa classe soit 10, 8, 7 ou 4.

Par addition arithmosophique l'ensemble de ces nombres se réduit à ~ qui est le nombre de leur racine, certains directement, les autres indirectement. [Et je vous renvoie à mon étude sur l'Arithmosophie dans Intranet]

En effet { donne~ par 1 + 2+ 3+4+5+6+ 7 = 28 = 10 et 4 donne directement 10 par 1 + 2+ 3+4 = 10.

Il ne faut pas confondre ces esprits quaternaires avec le mineur spirituel qui ne fut émané qu'après la chute des premiers esprits. En effet, bien que portant le nombre x, ces esprits de l'immensité divine ne possédaient en eux qu'une puissance ternaire. Quant au huiténaire il doit être regardé comme un double quaternaire ce qui signifie qu'il peut lui aussi être ramené directement à 10.

Nous connaissons le rapport qui existe entre ~ et uoù entre l'Unité et le cercle de son émanation par le symbole u qui est la représentation de ce dénaire. Ce dénaire est ainsi considéré comme l'expression de la manifestation de la quatriple puissance divine par 1+2+3+4 qui font ~ et donc comme le symbole du monde des êtres émanés de l'Unité, ou du potentiel d'émanation divine. Ainsi, par sa racine dénaire, le nombre attaché à chaque classe montre bien l'origine d'émanation divine de chaque classe d'esprit.

Ce nombre ~ contient aussi tous les autres nombres et donc potentiellement toute la puissance d'émanation et de création divine. Car tout fut créé par nombres, poids et mesures, et toute création est contenue dans l'ensemble des nombres. Nous pourrions ainsi dire que toutes les idées créatrices sont contenues dans les nombres qui les mettront en œuvre, donc dans le dénaire, c'est-à-dire de toute éternité dans le sein même de Dieu.

La mission, le rôle et le dessein que le Créateur avait donnés à ces 4 classes d'esprits émanés dans son immensité avant toute création, nous sont inconnus. C'est un grand mystère qui demanderait, de pénétrer la nature divine ainsi que son ontologie. Ceux qui prétendraient approcher ce mystère courent un grand risque, car il est dangereusement fautif pour l'homme que de prétendre saisir l'insaisissable, connaitre l'inconnaissable, comprendre l'ineffable. Le peu que nous pouvons savoir de ces esprits avant la première chute, nous le tenons du Grand Souverain de l'Ordre qui révèle à ce sujet : Les noms des quatre classes d'esprits étaient plus forts que ceux que nous donnons vulgairement aux chérubins, séraphins, archanges et anges, qui n'ont été émancipés que depuis (Traité 3).

Il est à préciser selon Saint Martin, que la pratique théurgique qui est rappelons le, les connaissances et pratiques magiques qui permettent de se mettre en rapport avec les puissances célestes bénéfiques et d'utiliser leurs pouvoirs. Depuis, la mort du Christ sur la Croix et le voile déchiré en deux dans le temple, tout est visible y compris le saint des saints.

Hébreux 10:18-23 : "Or, là où il y a pardon des péchés, il n'y a plus d'offrande pour le péché. Ainsi donc, frères, puisque nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu'il a inaugurée pour nous au travers du voile, c'est-à-dire, de sa chair, et puisque nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu, approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d'une mauvaise conscience, et le corps lavé d'une eau pure. Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle."

Ce passage nous montre bien que Jésus Christ est notre seul intermédiaire avec Dieu. De plus, comme il s'est offert lui-même comme sacrifice pour les péchés, il est celui à qui nous devons aller directement pour recevoir pardon, miséricorde et compassion.

L'appel magique des anges n'est donc plus utile sinon dangereux.

Ainsi Martinés entendrait que la hiérarchie angélique de l'angéologie traditionnelle distribuée en 9 chœurs établi suivant 3 ordres selon Denys l'Aréopagite dans son texte sur la Hiérarchie Céleste, ne correspondrait qu'à une classification postérieure à la chute des premiers esprits prévaricateurs. Sans plus de connaissance, nous pouvons seulement dire que Dieu émana ces premiers esprits afin de manifester sa gloire et son amour. Cet amour pour s'exprimer devait trouver un réceptacle qui lui-même rendrait grâce et louanges.

L'immensité divine ne resta pas inerte face à la chute et à la création temporelle première qui l'accompagna. La prévarication du plus grand des esprits qui habitait cette immensité, et que nous pouvons appeler Lucifer, vint semer un trouble immense dans toutes les classes d'esprits.

En effet, tous les esprits furent atteints et même altérés par la prévarication de Lucifer, qu'ils l'aient suivi dans son misérable dessein ou non.

Même les esprits restés fidèles à l'Éternel furent affectés du fait de leur exposition à l'action de l'esprit prévaricateur et qu'un doute, un questionnement voire un trouble ait pu de ce fait naître en eux. L'immensité divine étant immuable et infiniment pure, elle ne pouvait souffrir aucun changement, aussi éphémère et subtil soit-il. Les êtres qui la composaient et qui devaient être totalement impassibles. Cette perte momentanée de leur impassibilité fut pour eux comme une dégradation de leur état et une sorte de condamnation. Ce changement intervenu dans leur état marqua leur exposition aux lois du temps. Ils pouvaient donc plus demeurer dans l'immensité divine qui est impassible et éternelle de toute éternité.

Ainsi, tous les esprits furent projetés, émancipés dira Martinés, dans les sphères surcélestes et célestes soumises au temps, à l'exception des esprits dénaires qui eux restèrent dans le sein de l'immensité divine. En effet, les esprits dénaires sont les plus proches de Dieu car portant directement en eux le nombre de puissance dénaire. Mais, dans leur éternelle béatitude, ils sont aussi les moins libres de Dieu car leur proximité de Dieu les remplit de la lumière divine, dont ils sont comme le miroir. Inondés de cette lumière, ils ne peuvent agir que selon la volonté divine. Leur impassibilité est donc absolue en ce sens et ils ne purent donc être touchés par la chute. Que devint alors l'immensité ? Les esprits septénaires, huiténaires et quaternaires en furent émancipés pour prendre leur place dans la toute nouvelle création temporelle. Cependant, l'Éternel continua à y émaner des esprits purs suivant les mêmes quatre classes, car cette immensité, non sujette au temporel ne pouvait souffrir aucun changement.

Que devinrent alors ces premiers esprits déplacés de l'immensité divine et quel fut leur nouveau séjour? Le Créateur opérant toujours par sa puissance quaternaire ne pouvait que créer un monde à l'image de cette puissance. Ainsi, la sphère surcéleste dans laquelle ces esprits furent envoyés devait se présenter comme un miroir de l'immensité divine et donc accueillir 4 classes d'esprits portant des puissances identiques à celles de l'immensité divine.

Les esprits dénaires étant restés dans le sein de l'immensité divine, certains esprits septénaires furent dotés d'une puissance dénaire.

Ils furent alors appelés dénaires majeurs bien que n'étant pas dénaires dans leur essence. Portant une puissance toute divine, ils sont considérés comme les transmetteurs de la pensée de Dieu qu'ils reçoivent directement sans avoir à lire dans celle-ci. En effet, par leur position dans le surcéleste, ils jouxtent l'immensité divine dont ils reçoivent les lumières en abondance. Même si le quaternaire est présent en eux par le nombre ~ qui en est la racine, il n'agit pas par eux qui n'opèrent en rien sur la création. Cependant, en proximité du Père, ils participent à l'illumination des autres classes d'esprits, leur communiquant toutes les idées créatrices et salvatrices de l'Éternel.

Les esprits huiténaires, comme nous l'avons souligné, portent le double quaternaire du Fils dont ils composent la cour. Ils sont pour cela dit supérieurs. Consécutivement à la chute, ils opèrent sur les différents cercles de la création universelle car le Fils règne sur l'ensemble de la création et des êtres créés, visibles ou invisibles. Ils opèrent donc la volonté du Fils qui, par son règne et sa parole, exprime la pensée du Père au sein de la création primitive comme au sein de celle d'apparence matérielle qui en est la forme chutée. C'est pour cette raison que ce quaternaire est double car le Fils le reçoit du Père mais possède en lui-même son propre quaternaire comme hypostase divine ou comme Adam céleste. Il ne faut pas pour autant comprendre que ce huiténaire dépasse par sa puissance le dénaire car il ne tient son nombre double que de sa participation au quaternaire du Père qui Lui ne tient sa puissance que de Lui-même.

Les esprits septénaires, nous l'avons vu, remontent au dénaire par 28. Ils sont dits inférieurs car ne remontant à ~ qu'indirectement. Ils constituent la cour céleste du Saint-Esprit dont ils opèrent l'action au sein du cercle surcéleste en commandant aux esprits ternaires qui eux agissent directement sur la création temporelle par l'axe feu central qu'ils composent. Les esprits septénaires règlent et ordonnent ainsi le mouvement et l'organisation de toutes les choses créées.[ Montrer les deux tableaux imprimés]. C'est par leur émancipation hors de la sphère divine que put se faire la création. Ils portent le nombre des dons de l'esprit saint, mais aussi ils expriment par ce Septénaire le type d'action spirituelle-temporelle à laquelle sont dévolus par l'addition de x et dew. C'est pour cela que les esprits dits « bons compagnons » traditionnellement nommés anges gardiens, relèvent de cette classe car ils ont pour mission de faire jonction avec le Mineur Spirituel donc quaternaire de l'homme afin de lui transmettre les connaissances, forces et vertus qui lui sont nécessaires et qu'ils tiennent, soit de l'Esprit Saint, dont ils sont les agents, soit des Esprit Dénaires immédiatement supérieurs qui les leur infusent. Ces derniers les tiennent quant à eux directement de leur contemplation divine. C'est aussi pour cela que ces esprits remontent indirectement à ~. Cette jonction avec le Mineur quaternaire est alors opérée par ce que Martinés appellent des intellects qui sont des influences spirituelles crées par ces esprits septénaires.

Ils sont envoyés par ordre de l'esprit bon compagnon pour s'insinuer dans les mineurs et conversés avec eux : c'est ce que nous appelons « faire jonction ». Cet intellect est donc le véhicule utilisé par l'esprit compagnon pour faire impression sur le mineur. Ces intellects sont des êtres spirituels simples et inférieurs, sans forme possible, mais qui peuvent manifester leur présence par des caractères ou « hiéroglyphes » c'est à-dire des signes extérieurs que Martinés nomme « passes ». Ces esprits sont dits posséder une puissance ternaire. C'est ainsi que la jonction de l'intellect ternaire avec le mineur quaternaire forme le nombre septénaire. Ce nombre marque l'origine même de l'esprit septénaire qui est la source de cette jonction ainsi que la qualité toute spirituelle qu'acquiert l'homme par celle-ci.

Les esprits ternaires, ou de type ternaire comme les sénaires et novénaires, sont d'une tout autre classe. Ils ne portent pas ~ dans leur racine mais z, ce qui les rattache au temporel et à la manifestation temporelle des opérations spirituelles portées par les autres classes d'esprits. Ce nombre z les rattache aussi à tout ce qui est en mouvement et vie animale.

Une classe aurait donc été manquante si le mineur spirituel, ou esprit d'Adam, n'avait été émané pour donner suite à la prévarication du Prince de ce monde. C'est lui qui vint alors régner au centre de la création universelle et donc compléter le quaternaire spirituel.

Cette conception martinésienne diffère aussi du fait de l'hypothèse sous-jacente à la spéculation d'Origène qui est celle de la préexistence des âmes. Or, cette préexistence est implicitement contredite par Martinés de plusieurs façons. Concernant Adam, nous venons de voir que l'émanation de son âme est concomitante à son émancipation dans un corps glorieux: donc point de préexistence de l'âme du premier homme si ce n'est dans la pensée divine du fait de sa préscience. Il affirme aussi que des mineurs quaternaires ne devaient être par la suite émancipés dans un corps glorieux, créé par Adam afin de former une postérité d'hommes-Dieux, dès lors que la volonté d'Adam se joindrait à celle de Dieu pour créer cette postérité dans une opération commune. (Traité 22)

Mais à aucun moment il ne laisse entrevoir que le Créateur aurait émané des mineurs quaternaires avant cette émancipation. En effet, cette postérité n'avait d'autre but que de seconder Adam dans son œuvre au centre de la création première.

Concernant l'ensemble des classes d'esprits de l'immensité divine et du surcéleste, Martinés ne fige pas les choses à la chute. Bien au contraire, il écrit que l'Éternel ne cesse d'émaner et émanciper des êtres spirituels (Traité 45) ce qui rend toute préexistence impossible.

Le système théurgique de Martinés semble donc tout à fait original et particulier. Pourtant, il n'est pas fondamentalement éloigné de la classification traditionnelle. Même s'il est impossible d'y retrouver une correspondance directe de classe à classe avec les 9 chœurs et 3 ordres traditionnels déjà mentionnés, nous pouvons cependant établir une relation systématique suivant les rôles attribués à chaque classe d'esprit. En effet, si certaines classes d'esprits n'ont d'autre mission que la contemplation divine dont ils transmettent la connaissance à une classe directement subordonnée chargée de faire jonction avec le mineur, d'autres de gouverner aux classes dites inférieures et chargées de présider aux créations secondes ; c'est-à-dire la création universelle et matérielle et d'en assurer la subsistance, il en est de même dans l 'angélologie traditionnelle. En effet, les chérubins, séraphins et trônes qui brûlent du feu divin et siègent devant la face de Dieu qu'ils contemplent, les puissances, dominations et vertus qui sont les recteurs de l'ordre universel et sur lesquels reposent la création et enfin les principautés, archanges et anges qui sont en charge de la transmission aux hommes selon leur hiérarchie et leurs vertus n'ont-ils pas des fonctions et missions analogues.

Et nous aurons plus tard, une étude à mener sur la problématique de Martinés sur la Trinité.

Voilà en quelques mots, ce que je voulais apporter en contribution de la 1ère partie du discours de notre BAF Vénérable Maitre avec quelques redondances.

Philippe + Iacobus + Melchisiel