29 - La Double Nature de l'Homme


Les instructions mises à notre disposition peuvent nous faire peur si nous les étudions hors du Temple de l'Homme, si nous y méditons avec un regard profane plein de certitude orgueilleuse, aveuglé par la matière profane. Alors que si nous abordons notre transformation dans les Quatre Temps du Mineur Spirituel, c'est en Nouvel Homme que nous nous y plongeons. Et je veux vous citer quelques extraits du discours que j'ai lu en mars 2017 : EXPIATION, PURIFICATION, RECONCILIATION ET SANCTIFICATION LES QUATRE TEMPS DE LA REEDIFICATION DU TEMPLE DU MINEUR SPIRITUEL

En fait, dans chacun des quatre Temps : Expiation, Purification, Réconciliation, Sanctification, il y a trois temps qui détermine la mesure du travail à réaliser. Dans l'expiation, comme lut dans le texte ci-dessous, il y a trois facultés expliquées par Willermoz : Abjuration qui valide l'égarement, le Repentir expiatoire, et la Réhabilitation engagée dans le repentir expiatoire. Il faut savoir ou comprendre que le chiffre NEUF celui de la dissolution est Démoniaque dans son principe, et donc chaque action trinitaire par TROIS doit aboutir à une dissolution acceptée et éprouvée pour passer au degré supérieur. Je profite aussi de l'occasion pour vous sensibiliser au fait que la mise en ligne des lettres de WILLERMOZ dans les Épitomés de 2017en parallèle des Instructions commentées au cours des Assemblées de l'Espérance est volontaire de ma part, pour mieux vous instruire, pour voir aussi la capacité de chacun dans le déclic provoqué par ces cohérences etc.

Extrait du Cahier N° 2 : Le mal n'est point un être réel, il est l'opposition au bien, et durera aussi longtemps que cette opposition. Le mal est un enfantement de la pensée orgueilleuse qui l'a conçu et de la volonté mauvaise qui l'a adopté et mis en acte, en s'identifiant avec lui. Le mal est si peu un être réel que si la pensée qui l'a conçu et la volonté qui l'a adopté venait à changer, il serait détruit ; le principe du mal et de tous ses adhérents professeurs du mal réconciliés par l'abjuration entière de leur égarement et par un repentir expiatoire rentreraient dans le  règne de l'unité. Mais dira-t-on ce retour sur eux-mêmes n'est pas possible. Non certainement il n'est pas possible, car ce retour serait déjà un bien, et séparés du Bien ils n'ont et ne peuvent avoir par eux-mêmes aucune notion ni aucune tendance au bien. Toute leur activité s'agite, s'exerce et se concentre dans le mal et pour le mal. Mais c'est là l'œuvre de la miséricorde ; elle peut encore opérer son action en leur faveur par des moyens auxiliaires et proportionnés à sa justice et à leurs besoins, comme elle l'a fait après leur premier crime et comme elle l'a fait en faveur de l'homme après sa chute, pour préparer sa réhabilitation par un repentir expiatoire. C'est ainsi qu'abîmé dans ses propres ténèbres, il n'est susceptible d'aucune lumière et d'aucun retour au bon Principe ; car, pour qu'il pût diriger ses désirs vers cette vraie lumière, il faudrait auparavant que la connaissance lui en fût rendue, il faudrait qu'il puisse concevoir une bonne pensée ; et comment trouverait-elle accès en lui, si sa volonté et toutes ses facultés sont tout à fait impures et corrompues ? En un mot, dès qu'il n'a pas lui-même aucune correspondance avec le bien, et qu'il n'est en son pouvoir, ni de le connaître, ni de le sentir, la faculté et la liberté d'y revenir sont toujours sans effet pour lui, c'est ce qui rend si horrible la privation à laquelle il se trouve condamné. La loi de la Justice s'exécute également sur l'homme, quoique par des moyens différents ; ainsi, elle nous fournira de même, des lumières qui nous guideront dans les recherches que nous aurons à faire sur lui. Il n'y a personne de bonne foi, et dont la raison ne soit pas obscurcie ou prévenue, qui ne convienne que la vie corporelle de l'homme est une privation et une souffrance presque continuelles. Ainsi, d'après les idées que nous avons prises de la Justice, ce ne sera pas sans raison que nous regarderons la durée de cette vie corporelle comme un temps de châtiment et d'expiation ; mais nous ne pouvons la regarder comme telle, sans penser aussitôt qu'il doit y avoir eu pour l'homme un état antérieur et préférable à celui où il se trouve à présent. Et nous pouvons dire, qu'autant son état actuel est borné, pénible, et semé de dégoûts, autant l'autre doit avoir été illimité et rempli de délices. Chacune de ses souffrances est un indice du bonheur qui lui manque ; chacune de ses privations prouve qu'il était fait pour la jouissance ; chacun de ses assujettissements lui annonce une ancienne autorité ; en un mot, sentir aujourd'hui qu'il n'a rien, c'est une preuve secrète qu'autrefois il avait tout.

Par le sentiment douloureux de l'affreuse situation où nous le voyons aujourd'hui, nous pouvons donc nous former l'idée de l'état heureux où il a été précédemment. Il n'est pas à présent le maître de ses pensées, et c'est un tourment pour lui que d'avoir à attendre celles qu'il désire, et à repousser celles qu'il craint ; de-là nous sentons qu'il était fait pour disposer de ces mêmes pensées, et qu'il pouvait les produire à son gré, d'où il est aisé de présumer les avantages inappréciables, attachés à un pareil pouvoir. Il n'obtient actuellement quelque paix et quelque tranquillité que par des efforts infinis et des sacrifices pénibles, de-là nous concluons qu'il était fait pour jouir perpétuellement et sans travail, d'un état calme et heureux, et que le séjour de la paix a été sa véritable demeure. Ayant la faculté de tout voir et de tout connaître, il rampe néanmoins dans les ténèbres, mais c'est en frémissant de son ignorance et de son aveuglement ; n'est-ce pas une preuve certaine que la lumière est son élément ? Enfin, son corps est sujet à la destruction, et cette mort, dont il est le seul Être qui ait l'idée dans la nature, est le pas le plus terrible de sa carrière corporelle, l'acte le plus humiliant pour lui, et celui qu'il a le plus en horreur ; pourquoi cette loi, si sévère et si affreuse pour l'homme, ne nous ferait-elle pas concevoir que son corps en avait reçu une infiniment plus glorieuse, et devoir jouir de tous les droits de l'immortalité ? Or, d'où pouvait provenir cet état sublime qui rendait l'homme si grand et si heureux, si ce n'est de la connaissance intime et de la présence continuelle du bon Principe, puisque c'est en lui seul que se trouve la source de toute puissance et de toute félicité ? Et pourquoi cet homme languit-il à présent dans l'ignorance, dans la faiblesse et dans la misère, si ce n'est parce qu'il est séparé de ce même Principe, qui est la seule lumière et l'unique appui de tous les Êtres ? C'est ici qu'en rappelant ce que j'ai dit plus haut de la justice du premier Principe, et de la liberté des Êtres provenus de lui, nous sentirons parfaitement que si par une suite de son crime, le Principe du mal subit encore les pâtiments attachés à sa volonté rebelle, de même les souffrances actuelles de l'homme ne sont que des suites naturelles d'un premier égarement ; de même aussi cet égarement n'a pu provenir que de la liberté de l'homme, qui ayant conçu une pensée contre la Loi suprême, y aura adhéré par sa volonté. D'après la connaissance des rapports, qui se trouvent entre le crime et les souffrances du mauvais Principe, je pourrais, en suivant leur analogie, faire présumer quelle est la nature du crime de l'homme originel, par la nature de sa peine. Je pourrais même, par ce moyen, apaiser les murmures qui ne cessent de s'élever, sur ce que nous sommes condamnés à participer à son châtiment, quoique nous n'avions point participé à son crime.

Mais ces vérités seraient méprisées par la multitude, et goûtées d'un si petit nombre, que je croirais faire une faute en les exposant au grand jour. Je me contenterai donc de mettre les lecteurs sur la voie, par un tableau figuratif de l'état de l'homme dans sa gloire, et des peines auxquelles il s'est exposé, depuis qu'il en est dépouillé. Il me semblait utile de revenir sur ces fondements pour guider nos Esprits. Et je vous invite à lire les Quatre Poèmes d'Esaïe dont un extrait du prélude nous dit : « Dans toutes les circonstances Esaïe appelle à croire, c'est-à-dire à garder confiance dans les promesses du Seigneur et dans les règles de vie qu'il nous a données. Esaïe insiste en proclamant que la Foi doit toujours se traduire par des actes, aussi bien dans le domaine social et politique que dans celui des relations personnelles. Rester dans les intentions ne produit rien et ne transforme rien dans notre Corps-Âme-Esprit.

POINT DE VUE SUR LA DOUBLE NATURE DE L'HOMME

Selon l'Image et la Ressemblance de Dieu le Père. Comment comprendre l'Union Hypostatique de Jésus Christ, Vrai Dieu et Vrai Homme. Comment le Nouvel Homme peut s'élever dans cette hypostase afin de s'approcher au plus près de cette ressemblance qui nous fait tant défaut dans la Nature Humaine. Dans le domaine de la métaphysique, appliqué essentiellement à des disciplines telles que la philosophie ou la théologie chrétienne, le terme hypostase désigne une substance fondamentale, un principe premier. Alors comme Jésus pleure dans sa nature terrestre la mort de Lazare, j'ai donc été confronté à ce sentiment pendant 1 mois après la disparition violente de l'être aimé. C'est là que notre Nature divine inscrite dans notre Temple intérieur intervient, réagit à notre appel spirituel par la Prière mais également par la volonté de conscience. Nous pouvons avoir un genou à terre mais pour autant nous ne sommes pas terrassés par la douleur qui nous envahit car elle satisfait le malin qui comme il la fait avec le 1er Adam dans l'extase qu'il a utilisé pour corrompre celui-ci. Si nous avons étudié, travaillé, testé le travail d'Expiation, de Purification et de Réconciliation en nous pendant le temps terrestre qui nous est alloué alors la Nature divine prend le dessus sur la nature terrestre et cautérise notre âme humaine pour la mettre sous la miséricorde de l'âme divine. Et notre conscience prend le chemin de la vérité et de l'esprit car il est immortel et préparé à cette transfiguration métaphysique. Le vieil homme est mort du nouvel homme mais il lui appartient ensuite de réunir dans son Temple intérieur les éléments de sa Réintégration dans le 1er Cercle afin de confirmer au Seigneur que nous sommes dans les Temps Spirituels du Mineur, que nous en avons compris le sens eschatologique et réformisme. Et chaque être est doté de ce pouvoir faut-il qu'il soit suffisamment persuadé par sa Foi, son Espérance et sa Charité que le temps matériel de l'être aimé a été dissous comme il était prévu quel que soit les causes ou les conséquences.

La mort a effacé le passé et le présent, elle a remis l'horloge du temps à zéro, et l'âme qui s'en est échappée est reparti remplir son rôle d'Expiation, de Purification et de Réconciliation dans les Cercle prévus à cet effet. Alors volontairement, je ne parle pas de la sanctification car elle ne dépend pas de nous, il appartient à Dieu de décider s'il nous accueillera dans son sanctuaire au moment de notre Mort terrestre ou bien nous soumettra-t-il à d'autres pénitences eu égard à notre laxisme dans la vie temporelle. C'est pourquoi après 1 mois de souffrance terrestre, j'ai décidé de m'opposer mentalement et spirituellement à cette décadence qui ne pouvait plus rien m'apporter, et en esprit et vérité déplacer l'image et ressemblance de l'être aimé disparue dans le chemin divin qui lui tendait les bras, lui pardonner son acte, la bénir de toutes mes forces et prier pour que sa montée au ciel soit la plus miséricordieuse possible. Humblement mais fermement j'ai fermé la porte du ciel qu'elle avait emprunté, j'ai repris mentalement ma destinée qui est à ce jour dans la vie et je suis sortie de ces ténèbres pour embrasser la lumière de mon Temple intérieur qui s'est révélée en moi. Et nous devons comme l'a dit le prophète ÉSAÏE faire des choses nouvelles, rêver à des choses nouvelles dont la vie irrigue l'esprit.

Poème N° 3 : Le Seigneur m'a enseigné ce que je dois dire, pour que je sache avec quels mots je soutiendrais celui qui faiblit. Chaque matin, il me réveille, il me réapprend à écouter, comme doivent écouter les enfants de Dieu. Le Seigneur m'ouvre les oreilles et je ne lui résiste pas, je ne recule pas. J'offre mon dos à ceux qui se battent, je tends les joues à ceux qui m'arrachent la barbe. Je ne cache pas mon visage aux crachats, aux insultes. Le Seigneur me soutient, me vient en aide, c'est pourquoi je ne m'avoue pas vaincu, je sais que je n'aurais pas le dessous. Mes adversaires s'useront tous comme un habit qui tombe en lambeaux dévoré par les mites. » Les tous premiers amis de Jésus se rassemblait dans des petites maisons mais c'est pourtant là que les langues de feu se sont posées sur eux. « "La Pentecôte se célèbre le septième dimanche après Pâques, soit 49 jours après. Le lundi est donc le cinquantième jour, Pentecôte signifiant précisément cela en grec ancien. Pour comprendre ce qui s'y passe, il faut se replonger dans le Nouveau Testament, et plus précisément le livre des Actes des Apôtres, continuation de l'Évangile de Luc. Les disciples du Christ sont alors "tous ensemble dans le même lieu", est-il écrit. "Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit." Et bien que Jésus se soit sacrifié pour sauver la vie de tous ceux qui l'avaient condamné, et l'esprit sain est tombé sur lui comme il tombera sur nous lorsque nous ouvrons notre cœur à la rédemption avec la volonté de l'acceptation et que Dieu nous éclaire, nous vivifie, et prions qu'il fasse de nous quelqu'un de nouveau et le Nouvel Homme qui seul nous purifiera vers la Réconciliation. Alors allons de l'avant mes Biens Aimés Frères, regardons le monde nouveau qui s'ouvre à nous. Venez en loge chercher la grâce et le renouveau que la Haute et Sainte doctrine de notre Seigneur vous propose dans l'amour infini de son immensité divine. Alors beaucoup peuvent penser que mon esprit déraille ou que mon âme est fragile, mais détrompez-vous, je n'ai aucun sentiment de victoire ou de vanité, cela n'a aucun sens à ce niveau d'épreuve, je n'ai qu'une conviction chevillée à mon désir d'aimer Dieu et moi-même par obligation, et de réveiller dans le cœur des autres, cette Foi, cette Espérance, cette Charité qui végète en chacun de nous et combien il est doux de s'y baigner. Ayez confiance en vous, soyez les preux chevaliers rectifiés du Christ, afin de montrer l'exemple autour de vous, afin de ramener dans le sentier lumineux toutes les âmes égarées dans les limbes de la décadence, car en sauvant l'autre, vous vous sauvez vous-même, et je ne parle pas de sauvetage terrestre mais de sauvetage spirituel.

La Réformation de l'homme intérieur pour que l'âme devienne une identique substance avec la « Vérité » « Ayez donc bon courage ; fortifiez-vous en Notre-Seigneur ; préparez-vous à combattre les puissances de l'air et vos propres passions ; dépouillez le vieil homme et, en vous revêtissent du nouveau, réformez-vous par le renouvellement de vos esprits et de vos cœurs, qui est le seul but et la fin véritable de toute réforme et de toute discipline. » L'approche de la « Vérité », savait saint Augustin (+ 430) qui y consacra tant de pages extraordinaires, ne peut s'envisager sans une participation entière de l'homme par toutes les fibres de sa personne, car il n'y a pas de discours possible de « l'extérieur », en spectateur étranger et passif, en tant qu'observateur distancié, non impliqué et neutre, à l'égard de ce qui ne peut que nous traverser, nous habiter pour ne faire plus qu'un « avec », pour ne faire plus qu'une seule et unique réalité effective, visible et invisible, avec cette même « Vérité » éternelle qui porte pour nom sublime : « Caritas » ! La compréhension de la signification réelle de l'Incarnation, c'est donc la nécessité pour chacun d'entre les hommes en quête de l'essentiel, de devenir à son tour - en se faisant autre que ce à quoi son moi possessif le réduit, en se dessaisissant dans un jaillissement nuptial -, une même et identique substance de « Vérité » avec la « Vérité » elle-même, l'ontologie transcendante obligeant à cette désinstallation salvatrice qui nous immerge au sein du « Vrai », l'abandon absolu, c'est-à-dire l'acceptation du sacrifice de notre volontépropre, pouvant seul nous y introduire, car il est, intrinsèquement et nativement, une puissance libératrice, un souffle imprévisible, un don qui ne connaît que la surabondance stupéfiante. De la sorte, l'œuvre à entreprendre peut, à bon droit, être désignée du nom de « Réformation », car c'est de cela dont il est question, de se « réformer », c'est-àdire se dépouiller du « vieil homme » et revêtir l'homme nouveau régénéré par l'Esprit-Saint : « Ayez donc bon courage ; fortifiez-vous en Notre-Seigneur; préparezvous à combattre les puissances de l'air et vos propres passions ; dépouillez le vieil homme et, en vous revêtissent du nouveau, réformez-vous par le renouvellement de  vos esprits et de vos cœurs, qui est le seul but et la fin véritable de toute réforme et de toute discipline. Mais de peur que, selon la fragilité commune à tous les hommes, votre esprit ne se laisse abattre dans une entreprise si difficile, en se voyant privé de cette fausse consolation que donnent les plaisirs et les vanités du siècle, donnez à Dieu tout cet amour que vous avez retiré des choses du monde. Et puisque vous vous êtes consacrés à son service, rendez-le l'unique objet et l'unique centre de toutes vos affections.» Le Phénix Renaissant, « La Science de l'Homme»,

Éclaircissements sur la double nature, n° 5, 2019, pp. 104-105. Les « deux vies » en l'homme sont unies par l'intermédiaire actif de son « âme » « Ces trois états de Cherchant, de Persévérant et de Souffrant sont tellement liés dans l'homme de désir qu'on a cru devoir vous les rappeler ensemble en vous les retraçant par chacun de vos voyages. Les trois voyages dans l'obscurité vous ont figuré la carrière pénible que l'homme doit parcourir [...] L'épée sur le cœur désigne le danger des illusions auxquelles il est exposé pendant sa course passagère. Les ténèbres qui vous environnaient vous désignent aussi celles qui couvraient toutes choses dans le principe de leur formation. Enfin le guide inconnu ... vous figure ce rayon de lumière qui est inné dans l'homme, par lequel seul il sent l'amour de la vérité et peut parvenir jusqu'à son Temple. » Dans une lettre tardive à Jean de Turckheim (1749-1824), deux ans avant son retour au Ciel, Jean-Baptiste Willermoz, faisant d'ailleurs à ce propos la démonstration d'une impressionnante constance sur le plan de la vie initiatique et de son attention maintenue pour les sujets qui en relèvent, délivrait une instruction du plus haut intérêt relative à la question des domaines différents en leurs origines, abordant indirectement la question des « deux vies » qui cohabitent en l'homme, par une mise en regard des deux puissances que sont « l'esprit » et le « cœur », dans leur situation à l'intérieur de la créature : « Je distingue ici l'esprit et le cœur parce que ce sont deux puissances ou facultés intellectuelles qu'il ne faut point confondre. L'esprit voit, conçoit, raisonne, compose, discute et juge tout ce qui lui est soumis. Le cœur sent, adopte ou rejette et ne discute point ; c'est pourquoi je n'ai jamais été éloigné de penser que l'homme primitif pur, qui n'avait pas besoin de sexe reproductif de sa nature, puisqu'il n'était pas encore condamné, ni lui ni tous les siens à incorporation matérielle qui fait aujourd'hui son supplice et son châtiment, eut deux facultés intellectuelles inhérentes à son être, lesquelles étaient vraiment les deux sexes figuratifs réunis en sa personne, mentionnés dans la Genèse, dont les traducteurs et les interprètes ont si complètement matérialisé les expressions dans les chapitres suivants, qu'il est presque impossible d'y connaître aucunes vérités fondamentales. Car par l'intelligence dont le siège réside nécessairement dans la tête, il pouvait, comme il peut encore, connaître et adorer son Créateur, et par la sensibilité qui est en lui l'organe de l'amour et dont le siège principal est dans le cœur, il pouvait l'aimer et le servir, ce qui complétait le culte d'adoration, d'amour et de gratitude qu'il lui devait en esprit et en vérité. » Ces lignes nous confirment une chose, c'est qu'en réalité, les « deux vies », l'une matérielle et l'autre spirituelle, sont dans la situation actuelle unies en l'homme par l'intermédiaire actif d'une troisième puissance, ou d'un « troisième principe », qui est « l'âme », l'âme qui anime la créature conférant l'énergie dynamique à toute vie terrestre, dont la couleur rouge manifeste l'action au centre du double triangle, force génératrice du ternaire, se retrouve dans les trois états qu'aura à retracer sur lui-même le candidat au cours de sa vie maçonnique, que l'on figurera par les trois voyages emblématiques à la symbolique puissante et suggestive, amenant « l'homme de désir » à effectuer, concrètement, le lent chemin de réédification spirituelle et de remontée vers sa « Source première » : « Ces trois états de Cherchant, de Persévérant et de Souffrant sont tellement liés dans l'homme de désir qu'on a cru devoir vous les rappeler ensemble en vous les retraçant par chacun de vos voyages. Les trois voyages dans l'obscurité vous ont figuré la carrière pénible que l'homme doit parcourir, les travaux immenses qu'il a à faire sur son esprit et sur son cœur, et l'état de privation où il se trouve lorsqu'il est abandonné à ses propres lumières. L'épée sur le cœur désigne le danger des illusions auxquelles il est exposé pendant sa course passagère, illusions qu'il ne peut repousser qu'en veillant et en épurant sans cesse ses désirs. Les ténèbres qui vous environnaient vous désignent aussi celles qui couvraient toutes choses dans le principe de leur formation. Enfin le guide inconnu qui vous a été donné pour faire cette route vous figure ce rayon de lumière qui est inné dans l'homme, par lequel seul il sent l'amour de la vérité et peut parvenir jusqu'à son Temple. » Le Phénix Renaissant, « La Science de l'Homme », Éclaircissements sur la double nature, n° 5, 2019, pp. 97-99.

 La nouvelle naissance à la « vie de l'Esprit Comment peut naître un homme qui est déjà vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère, pour naître une seconde fois ?'' Jésus lui répondit : ''En vérité, en vérité je vous le dis : si un homme ne renaît de l'eau et du Saint-Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair, est chair ; et ce qui est né de l'Esprit, est esprit. Deux ordres, deux natures, celle de l'esprit et celle de la chair, sont absolument antithétiques par leur origine totalement différente, l'ordre de l'esprit est « d'en haut », l'ordre de la chair est « d'en bas », c'est pourquoi il y a deux origines distinctes et opposées, à quoi correspond deux naissances différentes : « Ce qui est né de l'Esprit est esprit, ce qui est né de la chair est chair » (Jean III, 6). La seule manière de « communiquer », d'établir un « lien » entre le « haut » et le « bas », est de se faire Esprit ; de naître « en l'Esprit », de « faire place à l'Esprit » comme nous y invite Saint-Martin. J'ai donc engagé ce processus pour réduire mon âme humaine au bénéfice de mon âme spirituelle. Le dialogue du Christ avec Nicodème, est essentiel de ce point de vue : « Il y avait un homme d'entre les pharisiens, nommé Nicodème, sénateur des Juifs, qui vint la nuit trouver Jésus, et lui dit : ''Maître ! nous savons que vous êtes venu de la part de Dieu pour nous instruire, comme un docteur : car personne ne saurait faire les miracles que vous faites, si Dieu n'est avec lui''. Jésus lui répondit : ''En vérité, en vérité je vous le dis : personne ne peut voir le royaume de Dieu, s'il ne naît de nouveau''. Nicodème lui dit : ''Comment peut naître un homme qui est déjà vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère, pour naître une seconde fois ?'' Jésus lui répondit : ''En vérité, en vérité je vous le dis : si un homme ne renaît de l'eau et du Saint-Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair, est chair ; et ce qui est né de l'Esprit, est esprit. Ne vous étonnez pas de ce que je vous ai dit, qu'il faut que vous naissiez de nouveau. L'Esprit souffle où il veut, et vous entendez sa voix : mais vous ne savez d'où il vient, ni où il va : il en est de même de tout homme qui est né de l'Esprit''. » (Jean III, 1-8). Or cette « renaissance », est la véritable naissance, une métanoïa, une mutation, ou plus exactement une « transmutation » qui doit être réalisée par des purifications successives, par un engendrement essentiel de notre « Esprit », que Saint-Martin nomme « Être intellectuel » : « Notre Être intellectuel  lui-même, dans son état présent, est une espèce d'insecte, relativement aux êtres à qui la corruption et le temps ne sont pas connus. Car, quoiqu'il ait reçu avec l'émanation le complément de son existence, il est assujetti, depuis sa chute, à une transmutation continuelle de différents états successifs, avant d'arriver à son terme. » (Le Tableau naturel, § VIII). Cette « transmutation » par purifications successives, une « transmutation » s'effectuant sur le plan spirituel, se produit dans le fond de l'âme (abditus mentis), là où la Divinité s'engendre elle-même, dans le mystère secret du silence intérieur par lequel, dans une « opération » invisible, le Divin procède à son engendrement : « Dieu opère dans l'âme sans aucun intermédiaire - image ou ressemblance - mais bien dans le fond, là où jamais ne pénétra aucune image que Lui-même, en son Être propre. Cela, aucune créature ne peut le faire sans la volonté divine, Il l'engendre exactement de la même manière qu'Il l'engendre dans l'éternité, ni plus ni moins.» Le Phénix Renaissant, « La Science de l'Homme », Éclaircissements sur la double nature, n° 5, 2019, pp. 93-94.