8 - Les Lumières D'Ordre au Rectifié


Cette Etude théosophique prend sa source dans le Traité de la Réintégration de Martines de PASQUALLY le théurge des Chevaliers Maçons Elus COENS qui a donné à Jean Baptiste WILLERMOZ le lien de la Réintégration dans le Christianisme Primitif.

Je me suis inspiré de sources issues de ce Traité, mais également des Leçons de LYON et de la connaissance de la doctrine de MOÏSE.

Il est souvent consternant de voir à quel point dans les Loges Rectifiés dont nous chérissons la doctrine du Haut et Saint Ordre, les obédiences qui pratiquent plusieurs rites et qui ont par vocation de banaliser le système rectifié lui donne un espace limité voir dénaturé en nourrissant les Hommes de DESIR de textes apocryphes, d'enseignement opératif qui sont à l'opposé de l'enseignement de la Maçonnerie Rectifiée et Chrétienne.

Que cette étude qui est par nature imparfaite car en tant qu'être humain initié, il faut savoir garder raison de sa conscience, puisse ouvrir les yeux et faire Eclore le Germe de la doctrine du Haut et Saint Ordre dans les Temples de Salomon réédifiés mystiquement de nos Frères.

PREAMBULE

Le Régime Ecossais Rectifié pratique une doctrine qui n'a de maçonnique que l'écorce et il faut essayer d'en introduire le noyau pour la comprendre.

Par ailleurs, si la classe symbolique pour ne parler que d'elle dans ses quatre degrés s'organise dans des rituels pour chaque grade, l'Ordre par sa symbolique innove par l'ordination des lumières qui situe la doctrine du régime, ce qui fait toute sa différence.

Ces lumières sont à l'ouverture du 1er grade jusqu' à la fermeture du 4ème grade d'une pédagogie chrétienne et mystique imprégnée du christianisme primitif.

Il est évident que l'analyse comparée des rituels du Rite Ecossais Rectifié tout en maintenant un certain nombre d'éléments formels et matériels de la tradition maçonnique spéculative, a conféré à ses derniers des sens originaux et des significations eschatologiques spécifiques et nouvelles.

Toute tentative d'exégète qui ne reposerait pas sur une référence précise aux enseignements fondamentaux de notre doctrine et à ses textes majeurs serait dès lors vouée à l'échec et conduirait aux plus graves contresens.

Vous me pardonnerez d'être aussi solennel mais il est de mon devoir de le rappeler pour attirer votre attention, nous ne sommes pas dans une Maçonnerie Symbolique et nos sources ne sont pas issus des opératifs.

Nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper que l'inventaire des versions successives des quatre grades, fondé sur l'examen d'un grand nombre de textes, autorisent enfin à une étude synthétique.

En préambule de l'explication des différentes lumières que nous allumons aux différents grades de la classes symbolique et que je vais citer :

- Le Chandelier à Trois Branches

- Les Trois Grands Chandeliers autour du Tapis de Loge

- Les Trois Lumières des Officiers ou lumières élémentaires

- Le Déplacement au 3ème grade d'un grand chandelier

- Les Lumières au Quatrième grade (Instructions au 4ème grade)

Mon propos s'appuie sur la vie de WILLERMOZ qui cherchant rigoureusement la filiation du secret de Dieu du 1er ADAM au second ADAM magnifié par le Christ incarné, l'a trouvé dans la doctrine de Martinés de PASQUALLY né Jacques Noble Loryon en 1710 à Grenoble.

Cet enseignement doctrinal lui fut transmis en deux fois, la 1ère lors de sa réception comme Apprenti Réaux Croix, Commandeur d'Orient et d'Occident, la 2ème fois lors de sa réception comme Réaux Croix.

C'est donc bien dans la doctrine COEN qui fait le lien entre le 1er ADAM sur une interprétation revisité de l'ancien testament et qui porte la tradition jusqu'au Christ apparut sous la métaphore d'HELY par les Patriarches que WILLERMOZ va trouver ce lien divin à ses yeux et qu'il va implicitement en intégrer une partie dans les rituels rectifiés.

Les lumières d'ordre que l'on ne retrouve dans aucune autre tradition rituelle maçonnique, les vertus des nombres et l'ancien testament avec la genèse comme point d'ancrage.

Pour parfaire mon introduction, je vous cite la 1ère instruction de WILLERMOZ du 7 janvier 1774 qui a comme titre « Sur la création universelle matérielle temporelle et le nombre sénaire qui l'a produite, et ses rapports avec l'homme ».

En cette période WILLERMOZ était investi totalement dans la doctrine COEN et nous sommes 4 ans avant le Convent des GAULES de 1778.

« Le créateur voulant former cet univers physique de matière apparente pour la manifestation de sa puissance, de sa justice et de sa gloire, le plan qu'il conçut se présenta à son imagination divine sous la forme triangulaire. Ce plan parfait étant triangulaire, l'ouvrage qui en est provenu devait en porter l'empreinte et triangulaire où ternaire comme lui, et il l'est en effet.

Sa puissance s'est manifestée par l'acte même de la création qui n'a été produite de rien, par sa seule volonté.

Sa justice l'a été par la punition des premiers esprits prévaricateurs qu'il a chassés de sa présence.

Le Créateur étant immuable dans ses décrets, il n'a pu les priver des vertus et puissances qui étaient innées en eux par leur principe d'émanation divine, mais il a changé leurs lois d'action spirituelle.

Il a donc formé cet univers matériel où il les a relégués, pour être un lieu de privation et pour qu'ils puissent y exercer pendant une éternité leur action, puissance et volonté mauvaise, dans les bornes qu'il leur a fixées.

Cet univers devait encore servir pour la manifestation de sa bonté infinie et sa miséricorde, ce qui sera expliqué dans son temps. »

ILLUMINATION D'ORDRE DE LA LOGE de SAINT JEAN

Tel que rédigé dans le rituel d'Apprenti

La loge est éclairée par neuf lumières d'ordre, ou maçonniques, à savoir:

- trois au chandelier à trois branches sur l'autel d'orient ;

- trois autour du tapis de loge sur les angles du sud-est, du sud-ouest et du nord ouest, portées sur de hauts chandeliers ;

- deux sur les tables des surveillants ;

- une sur la table du secrétaire.

Et il ne vous aura pas échappé que le VM allume son chandelier dans une pièce séparée du vestibule car lors de l'allumage il a une incantation particulière à faire dans le secret de sa fonction et seulement en présence des dignitaires de l'Ordre et qui est transmise au VM par le RDM.

La rentrée du VM venant de l'occident dans une loge dans les ténèbres précédé du chandelier d'orient inaugure que la nature même de l'ouverture de la loge commence dès l'apparition du chandelier repoussant les ténèbres menaçantes.

Le CHANDELIER A TROIS BRANCHES

(Symétrie des Bougies)

Donc pour prendre le sens de ce que le Rituel indique dès le grade d'Apprenti, il faut avoir à l'esprit la création du monde par l'Eternel et l'émanation des esprits spirituels. Il n'est pas anodin si dès le 1er grade, on précise que le Vénérable Maître va dans une pièce attenante à la loge, allumé le Chandelier à trois branches.

Rappel du Rituel «Avant l'ouverture des travaux, ce chandelier doit en fait être placé dans la pièce où le Vénérable et les dignitaires s'habillent». Le Vénérable Maître se décore de son bijou et de ses gants, et allume lui-même son chandelier à trois branches avec un élément non métallique et invoquant le seigneur de protéger les travaux qui vont suivre. Tout étant convenablement disposé pour commencer le travail, les deux Surveillants, précédés du Maître des Cérémonies, se rendent auprès du Vénérable Maître, tenant chacun l'épée à la main gauche, vêtus et décorés. Ils se font accompagner d'un Frère Maitre Rectifié pour porter le chandelier à trois branches, et qui doit avoir tout au moins le grade de Maître. »

Là, s'arrête la référence maçonnique et nous passons dans un autre plan mais pour l'expliquer il me faut vous dire une maxime particulière.

Ce 1er paragraphe informe que DIEU dans sa pensée, dans sa volonté, dans son action représentée par le Chandelier à trois branches est hors de ce monde terrestre en train de préparer son œuvre.

Q -Comment l'autel du Député Maître est il éclairé ?

R-Par trois lumières qui sont les mêmes dans tous les grades.

Q-Pourquoi ce nombre immuable ?

R-Il désigne que le Député Maître est pour la Loge comme le Grand Architecte, qu'il gouverne par sa Pensée, par sa Volonté et par son Action.

Q- Pourquoi ce nombre est- il invariable ?

R- Par ce que le Député Maître est pour la loge comme le Grand Architecte de l'Univers, qu'il gouverne par la Pensée(Sagesse), par sa Volonté (Force), et par son Action (Beauté), qui sont désignées dans la loge par le Respectable Député Maître et les deux Surveillants.

D. Qu'avez-vous aperçu encore ?

R. Un chandelier à trois branches sur l'autel d'Orient

D. A quoi fait-il allusion ?

R. A la Triple Puissance qui ordonne et gouverne le monde, et qui est exprimée dans la Loge par le RDM ou le Vénérable Maître et les deux Surveillants.

Il convient donc pour comprendre ces maximes, l'origine ternaire et divine spécifique au Régime Ecossais Rectifié que sont : « Pensée, Volonté, Action » d'en donner leurs principes essentiels.

La Pensée(Sagesse) est une, simple et indivisible comme l'esprit qui l'a produite ; elle est le principe de tout acte spirituel libre et, par-là, tient le premier rang entre les trois facultés spirituelles dont nous parlons. C'est pourquoi nous la comptons 1. Elle engendre la Volonté(Force), sans laquelle toute pensée serait nulle et ne produirait rien. Par son rang binaire elle vaut 2, et, en y joignant la pensée dont elle provient, nous la comptons 3, ce qui complète le premier terme spirituel. Mais la pensée et la volonté seraient nulles et ne produiraient aucun effet si elles n'étaient mises en acte. C'est cette faculté productrice de l'effet que nous nommons Action(Beauté). Cette action par son rang ternaire, vaut 3, et, en y ajoutant le ternaire précédent de la pensée et de la volonté dont elle procède, elle complète le nombre sénaire qui a opéré la création universelle.

On comprend dès lors le pas en avant accompli dans l'illustration de ce ternaire, par les rédacteurs de nos rituels en 1782, en faisant entrer le Vénérable

Maître ou le Respectable Député Maître dans la loge, précédé du chandelier à trois branches qu'il a lui-même allumé.

Cette illumination d'Ordre nous met dans la condition de créer le monde métaphoriquement dans une loge qui devient cosmogonique par les lumières qui repousse les ténèbres. Nous sommes dans la manifestation divine de l'Eternel.

Cette entrée dans une loge sombre, figure le déploiement des trois facultés créatrices de DIEU avant le commencement.

Dieu, créa le monde de l'occident à l'orient en passant par le Nord et le Midi.

La loge rectifiée ne peut pas ouvrir ces travaux sans la lumière de DIEU qui par le chandelier à trois branches offre aux hommes redevenus matière après la prévarication d'Adam, la pensée de Dieu Symbole de la Sagesse, la volonté de Dieu symbole de la FORCE, et l'action de Dieu Symbole de la BEAUTE afin qu'ils rétablissent dans leurs cœurs la lumière divine qui y est enfouit.

Et je peux ajouter sur la cosmogonie de ce Chandelier à trois branches pour préciser que les trois lumières doivent être à la même hauteur même si le chandelier a des bougeoirs de différentes hauteurs afin que le Vénérable Maître allument les autres lumières par celle de la gauche du chandelier qui vaut Action donc Beauté et qui manifeste par 3 son rang ternaire.

Le Créateur en imprimant ses facultés créatrices (Pensée, Volonté, Action) sur la nature spirituelle de l'homme, le constitue à son image. Ce n'est pas par le corps ou un quelconque extérieur physique que l'homme est à l'Image de DIEU. C'est bien par l'Ame et l'Esprit qu'il est vrai Image du Créateur. L'initiation secrète s'exprime ainsi : « Mais lorsqu'il s'agit de l'homme, l'action immédiate de l'Eternel est clairement exprimée, puisque pour cet acte de production divine, il invoque pour ainsi dire son conseil, et toute ses puissances, en disant « faisons l'homme à mon Image et à ma Ressemblance ».

C'est là une vérité spirituelle et une indication initiatique extrêmement fortes qu'il faut retenir et considérer.


LES TROIS CHANDELIERS

Autour du tapis de loge

Si DIEU se manifeste par les lumières du chandelier d'Orient qui illumine le Céleste, il délivre aux esprits émanés que son action a créé la capacité de continuer sur la partie terrestre l'illumination spiritueuse des lumières.

Les trois grands chandeliers ne peuvent recevoir la lumière que du Chandelier d'Orient sans aucun élément profane intermédiaire sinon la connexion divine ne se fait pas. (un boutefeu feu ou une bougie externe sont à exclure)

Si on prend en compte ce que je viens de décrire dans la première partie de l'étude du Chandelier de l'Orient, il est plus facile de discerner la signification dont sont pourvus les trois grands chandeliers au centre de la loge qui je le rappelle ne sont pas les Piliers ou Colonnes des rites opératifs.

Autant dans les rites maçonniques, elles indiquent la Sagesse, la Force et la Beauté qui orne le Temple Maçonnique, au Régime Ecossais Rectifié et par évidence dans le Rite Ecossais Rectifié qui produit sa doctrine, ils ont un tout autre sens et signification.

Il est intéressant de noter que dans les systèmes maçonniques antérieurs, le chandelier à trois branches est un doublet des trois grands chandeliers du tapis de loge et reproduit leur signification. On trouve même des gravures montrant sur l'autel d'Orient, trois chandeliers dans la même disposition.

Vous pouvez étudier plus en avant cet historique complexe que vous retrouvez dans l'étude fondamentale de René DESAGULIERS sur les « Trois grandes colonnes de la Maçonnerie Opérative - sagesse-force et beauté- comparées aux Trois Grands Chandeliers du RER. Cahiers du Rite Français de 1963.

Dans le régime Ecossais Rectifié, on l'a vu, le Chandelier à trois branches prend une autonomie entière et revêt une signification très forte dans nos rituels. On trouve d'ailleurs dans le livre « des Erreurs et de la Vérité de Louis Claude de Saint Martin » dans la section sur les mathématiques, des considérations utiles pour notre sujet.

Etudiant la notion de latitude, il indique qu'elle s'étend du Sud au Nord et qu'elle est horizontale. Il ajoute ensuite :

« Au contraire, la longitude est perpendiculaire et vient de l'Est mais je parle du véritable Est dont le lever du soleil n'est que le signe indicatif, et qui se manifeste visiblement et plus justement dans l'à-plomb et la perpendiculaire. »

Ainsi selon Saint Martin, l'Orient est vertical. L'Epée dressée à l'Orient y acquiert de la sorte un sens remarquable.

En effet, lors de l'allumage des lumières, on passe de trois lumières situées dans un plan vertical, à trois autres situées dans un plan horizontal.

Placés entre le chandelier à trois branches à l'Orient qui représente la puissance créatrice de DIEU et les lumières élémentaires des Officiers qui dans l'ordre terrestre en sont l'aboutissement, les trois grands chandeliers représentent un stade intermédiaire dans le processus de cette manifestation. Ils sont le maillon qui fait le lien.

Il est très important de noter que dans la pensée martinésiste, que DIEU n'ait pas créé lui-même le monde matériel, car ce dernier est le lieu du mal et DIEU ne peut pas être l'auteur du mal.

Selon MARTINES, DIEU émane des esprits ternaires qui ont la mission précise et limitée de produire le monde matériel par le moyen de trois essences spiritueuses, mais aussi de maintenir son existence. Puis de l'inscrire dans la durée des choses créées, en réintégrant d'abord ces parcelles, qui en forment l'unique soutien, dans l'axe feu central incréé dont elles sont provenues.

Ternaires, ces esprits ont imposé leur sceau sur l'ensemble du monde matériel qui s'en trouve universellement marqué. Eternels comme DIEU dont ils émanent, ils reviendront vers la pure éternité lorsque leur mission aura été accomplie.

Nous venons de voir que cette étape intermédiaire est définie par le terme spiritueux, c'est-à-dire à la fois d'origine spirituelle et de vocation matérielle. C'est l'instant unique d'une métamorphose cruciale, mystérieuse entre toutes, du pur abstrait vers le concret, de l'Eternel et de l'inconditionné vers le temporel.

A deux reprises, à l'ouverture et à la clôture de la loge de Saint Jean, le Vénérable Maître définit la lumière d'Orient :

« Et que la lumière la plus pure nous aide à les vérifier »

« Lorsque pour perfectionner votre travail vous chercherez la lumière qui vous est nécessaire, souvenez-vous qu'elle se tient à l'Orient et que c'est là seulement que vous pourrez la trouver».

C'est donc bien la lumière verticale qui nous est désignée par le chandelier à trois branches, alors que la lumière horizontale des trois grands chandeliers est moins pure. Du spirituel, on est passé au spiritueux. Ni les formes, ni la durée ne sont encore advenues.

Ce sera l'étape suivante comme prolongement direct, par l'allumage des lumières des Officiers au feu des trois grands chandeliers.

Et cette flamme qui se transmet ainsi est l'un des innombrables véhicules de ce feu incréé qui soutient l'existence du monde créé.

Les trois grands chandeliers horizontaux posés autour du tapis de loge reproduisent : « l'aurore indifférenciée de la création, l'instant ou l'esprit plane encore sur les eaux, la métamorphose en cours du chaos principiel », il faut lire dans ces trois grands chandeliers, tous identiques dans leur sens fondamental, l'avènement du ternaire de ces agents émanés pour faire surgir la manifestation, mais aussi les trois essences spiritueuses elles-mêmes. Leur disposition en équerre sera l'idéogramme du plan horizontal correspondant à un dessein qui a la particularité d'être DIVIN. (Tracé le PLAN PARFAIT)

Nous trouvons ainsi une description claire du processus créateur :

T DIEU, puissance créatrice représentée par le Chandelier d'Orient ;

TTROIS GRANDS CHANDELIERS, source primitive secondaire, c'est-à-dire agents ternaires, mais aussi les trois principes fondamentaux soit les essences spiritueuses, dans leur état d'inaction première ;

T LUMIERES DES OFFICIERS ; les essences spiritueuses manifestées et associées pour former les éléments des Officiers.


LES TROIS LUMIERES DES OFFICIERS

Suite à la définition cosmogonique et divine de la manifestation des Lumières rappelant la présence intangible de DIEU dans sa création et montrant le lien inné de la Maçonnerie Ecossaise Rectifié portant le secret du Christianisme primitif, WILLERMOZ a déposé le secret du Haut et Saint Ordre.

Dès la rédaction des rituels de Lyon en 1783, le nombre de neuf bougies apparait dans les rituels. Il y a en cela une raison pratique mais il y a aussi sans aucun doute des raisons de fond.

Tout d'abord, il n'est pas précisé que ces trois lumières des officiers forment une équerre, mais symboliquement elles le font même si l'équerre n'est pas traditionnelle.

Remarquons que l'allumage des trois lumières des officiers vient au troisième rang et que l'allumage est continu et la lumière passe d'un groupe à l'autre lors de l'illumination d'ordre pour se terminer par les lumières des officiers.

Il en va de même pour l'extinction des lumières à la clôture des travaux.

En 1783, apparait dans les paroles du Frère Introducteur, l'expression « lumière élémentaire » c'est-à-dire une lumière matérielle, celle des éléments. Or il se trouve dans l'instruction par demandes et réponses du Rituel du 3ème grade, un passage auquel il faut porter une grande attention.

Q : Quelle est la signification générale des batteries des Apprentis, Compagnons et Maîtres ?

R : Le commencement, la durée et la fin des choses créées.

Q : que signifie la batterie d'Apprenti par trois coups ?

R : Le commencement ou l'union des principes.

Q : Que signifie celle des Compagnons par deux fois trois coups ?

R : La durée ou les principes mis en action.

Q : Que signifie celle des Maîtres par trois fois trois coups ?

R : La fin ou la décomposition des corps.

Nous pensons que ces réponses constituent la clé du système rectifié des trois premiers grades avec la doctrine de la genèse omniprésente.

Par contre, une indication énigmatique apparait en 1783 au grade de Maître puisque le grand chandelier se trouve déplacé du SUD EST au NORD EST et nous pouvons remarquer que cette nouvelle équerre correspond aux trois lumières des officiers. Alors il y a un fait que nulle trace écrite explique c'est que WILLERMOZ a fait ajouter les éléments dans les voyages de l'Apprenti et du Compagnon comme si il avait estimé que l'illumination d'ordre était insuffisante et que pendant la cérémonie, il fallait implicitement le rappeler.

Au cours de la cérémonie du grade d'Apprenti nous lisons :

- Pendant les voyages : Le Feu est placé au Midi ; l'Eau est placé au Nord, la Terre est placée à l'Occident.

- A la fin des voyages, le Vénérable Maître dit : puisqu'en traversant les trois régions élémentaires, il a éprouvé leurs rigueurs et qu'il n'a pu trouver la lumière qu'il désire.

La lumière que recherche le candidat n'est donc pas la lumière élémentaire de sa préparation.

D'autre part, nous voyons clairement dans la loge, les trois régions élémentaires, elles correspondent aux lumières des officiers et à la nouvelle disposition des grands chandeliers. Rappelons ici la réponse à la question : « Le commencement, la durée et la fin des choses créées ».

Les épreuves par les éléments nous donnent ainsi la signification des trois lumières élémentaires :

Au midi : le Feu (Souffre) avec le 1er Surveillant

Au Nord : l'Eau (Sel) avec le Secrétaire

A l'Ouest : la Terre (Mercure) avec le 2ème Surveillant

Je ne rentrais pas dans toutes les citations de PASQUALLY que nous retrouvons dans le Traité de la Réintégration mais je vous cite un passage des Conférences de Lyon qui doit retenir notre attention :

« Le nombre TROIS est le nombre de la création, la figure la plus simple qu'elle puisse présenter est triangulaire ; elle est le produit de trois éléments composés eux-mêmes de trois essences ; ainsi à la dissolution de la création, les éléments séparés dans les corps qui les composaient, seront eux-mêmes dissous et résolus dans les essences qui les constituaient ; leur réintégration les ramène au principe d'où ils étaient sortis ».

Ainsi, il nous est expliqué assez clairement la hiérarchie des éléments et des essences spiritueuses, les premiers sont issus des secondes. Cette affirmation nous est confirmée par ce passage dans les Conférences de Lyon

« Dieu créa l'homme à 3 heures, nombre des essences spiritueuses, il fut incorporé dans la matière à 6 heures, nombre de la facture de l'Univers sur lequel il devait commander, il fut chassé à 9 heures, nombre de la matière dont il fut revêtu ayant prévariqué avec les esprits mineurs qu'il devait ramener à la raison ».

Et plus loin « Les trois choses nommées, SOUFFRE, SEL et MERCURE représentent les trois principes constitutifs universels de la création et de corporisation matérielle qui sont la partie solide, la partie fluide aquatique et la partie ignée que nous retrouvons dans la genèse »

Les voyages d'Apprenti : ce même texte explicite aussitôt après, l'équivalence de :

FEU = SOUFFRE- il consume la corruption ; mais il dévore l'être corrompu ;

EAU = SEL - C'est par la dissolution des choses impures que l'eau lave et purifie, mais elle recèle leurs influences funestes, et les principes de la putréfaction ;

TERRE = MERCURE - Le grain mis dans la terre y reçoit la vie, mais si son germe est altéré, la terre même en accélère la putréfaction.

Un autre point important est la hiérarchie qui existe entre les éléments ou les essences lors de la manifestation au sein de l'indifférenciation primordiale : « Le Souffre ou le Feu sont toujours placés au centre du corps mais le Mercure ou le solide sont toujours placés entre les deux essences et peut être envisagé lui-même comme faisant le centre des trois. C'est une Loi générale de la nature qui n'est pas sans dessein, puisqu'il est dépositaire de la double action, un médium qui modère leur action réciproque. Il faut donc qu'il soit revêtu de propriétés plus considérables et plus puissantes que les deux autres principes pour pouvoir subir et résister à cette action et réaction continuelle ». (Conférences de Lyon ou les Leçons de Lyon)

Nous trouvons du reste des précisions complémentaires dans les Dix instructions aux Hommes de Désir : « Dieu, manifesta sa pensée de création aux esprits de l'axe feu central, les esprits ayant inné en eux, dès leur principe d'émanation, la faculté d'extraire de leur sein les trois essences spiritueuses qui y étaient innées, sortirent d'eux-mêmes ces trois essences pour opérer ce verbe de l'Eternel ».

Par ces lignes, se trouve établie la succession : DIEU - Esprits de l'axe feu central incréé (Chandelier d'Orient) - essences spiritueuses (Lumières du tapis de loge et des officiers) - éléments - principes corporels. C'est selon une terminologie coën, le passage du spirituel au spiritueux, puis du spiritueux au matériel.

Remarquons, qu'entre les NEUFS LUMIERES des grands chandeliers se trouvent précisément le corps d'HIRAM ABIF dont la mort est annoncée après le 4ème jour.

Nous devons donc ici comprendre pourquoi le nombre trois et le nombre six au lieu d'être partagés en deux grades par les lumières, ont été réunies dès 1782 dans le 1er et le 2ème grade : le processus de l'émanation des essences spiritueuses, puis celui de la création de la forme et du temps, sont immédiatement successifs, on ne pouvait donc pas les dissocier. Au même moment que la forme, notons-le, le temps apparait. En effet, à l'opposé des êtres spirituels ternaires qui leur ont donné naissance, les formes sont éphémères, elles ont une durée. Ce qui explique pourquoi le VM ne descend pas allumer au grade de Compagnon.

Ce que représente les trois lumières des officiers est le second temps de la création ; celui des éléments, de la forme et de la durée, c'est-à-dire le sénaire.

Elles anticipent sur le second grade dont on nous a dit qu'il représente lui-même « la durée des choses déjà créées ».

Nous pouvons dès lors comprendre que : le nombre neuvaire est la subdivision des essences dans tous les corps. Le principe de Mercure est un mixte ternaire qui contient en lui, Souffre et Sel = 3 ; le Souffre contient le Sel et Mercure = 3 ; le Sel contient Mercure et Souffre= 3 ; la subdivision donne donc le chiffre 9.

Nous obtenons ainsi la signification des lumières d'Ordre du Régime Ecossais Rectifié :

TROIS (TERNAIRE) : les agents ternaires, les essences spiritueuses qui en émanent

SIX (SENAIRE) : la forme qui se manifeste et la durée qui lui est inhérente

NEUF (NEUVAIRE) : la subdivision des formes et des corps qui sera ainsi le nombre de leur réintégration dans l'indifférenciation primordiale, c'est-à-dire leur dissolution.

Le nombre NEUVAIRE(9) est celui de REINTEGRATION et de DESTRUCTION.

Pour conclure sur cette très courte synthèse, il faut se référer au sens de l'allumage de la loge, aux 3 premiers grades, il se fait par le midi, mais une conversion est nécessaire, le VM sort par la gauche et ceci indique qu'il va présenter le processus de l'émanation des essences, de la création des formes et de la durée.

Nous avons dans l'initiation COEN une confirmation plus détaillée de ce que je viens d'expliquer :

T « Le nombre 3 du 1er grade désigne les trois principes fondamentaux de toute corporisation dans leur état de simplicité et d'inaction primitive.

TLe nombre 6 du second grade désigne le principe de vie passagère, qui y a été joint par une puissance secondaire, pour rendre ces trois principes susceptibles de s'amalgamer et de se réunir afin de produire ensemble une action temporelle.

TLe nombre 9 du troisième grade désigne l'assemblage de trois mixtes ternaires ou éléments impalpables dont la réunion opérée par un nouveau travail du principe vital qui est en eux, constitue la matière et les corps matériels dans la forme assignée à chacun par la Loi originelle qui préside à leur formation. Ce nombre NEUF désigne la fin des choses temporelles, parce que la forme des corps matériels n'est conservée que par la présence de cette vie particulière et momentanée qui en soutient l'existence pendant la durée prescrite pour chaque espèce ».

Pour conclure sur ce paragraphe, je citerais aussi que « C'est cette dissolution des corps et de la matière en général qui est désignée dans le troisième grade par le cadavre d'HIRAM ABIF, dont la chair quitte les os. (MAC BENAH)

Au 3ème grade, le Vénérable Maître allume lui-même, sur chacun des trois grands chandeliers, les deux lumières supplémentaires, pour manifester le triple ternaire du grade. Agissant seul, il doit respecter un certain ordre qui doit être lui-même signifiant. Cette synthèse de l'importance des Lumières d'ordre dans notre Rite Ecossais Rectifié qui nous précise la doctrine du Régime Ecossais Rectifié est nourrie par la pensée de PASQUALLY que WILLERMOZ a introduite vous l'aurez compris et nous sommes très loin des considérations maçonniques traditionnelles.

Le Grand Chandelier déplacé du 3ème grade

Pour être complet sur cette étude des Lumières d'Ordre, je vous propose de réfléchir à la signification du déplacement de l'un des 3 Grands Chandeliers positionnés au Sud Est au grade d'Apprenti et au grade de Compagnon, et qui est déplacé au Nord Est du tapis de Loge au grade de Maître ainsi que le nombre de lumières qui est modifié uniquement au 3ème grade restant invariable entre le grade d'Apprenti et le grade de Compagnon.

Cette dichotomie est délicate car la compréhension des lumières d'ordre est chronologique et globale.

Sans nous attarder sur le rituel initial allemand de la S.O.T, attesté à Lyon en 1775, la 1ère version des rituels avait été rédigée au Convent des Gaulles en 1778 sous forme d'esquisse. Le Convent de WILHEMSBAD en 1782, va apporter des modifications substantielles car WILLERMOZ a eu le temps de les écrire en détail mais il ne parviendra pas à faire admettre tous les correctifs. Entre le 03 août 1782 et le 28 août 1782, il aura fallut plus de 28 séances pour qu'ils se mettent d'accord. Mais WILLERMOZ pouvait être satisfait car il avait fait enlevé pratiquement toutes les références de l'histoire des Templiers et intégrer les Illuminations d'ordre de source coënnite.

Je vous propose quelques réflexions retenues dans nos rituels : le Rituel d'Apprenti : première section, Instruction par demandes et réponses :

Q : que représente la loge ?

R : le Temple de Salomon réédifié mystiquement

(1) le terme réédifié exprime le symbole

Q : quels sont ces fondements ?

R : Trois grandes colonnes, qui sont la Sagesse pour inventer, la Beauté pour orner, la Force pour exécuter

(2)Dieu a créé le monde en 6 jours et ces trois vertus ont été les fondements de sa création

Q : quels sont les mystères de la Franc Maçonnerie ?

R : L'origine, la fondation et le but de l'Ordre

(3) l'origine étant la genèse

Q : Qu'avez-vous aperçu encore ?

R : Un chandelier à trois branches sur l'Autel d'Orient

Q : A quoi fait il allusion ?

R : A la triple puissance qui ordonne le monde

(4) la Sagesse, la Beauté et la Force - et qui est exprimée dans la loge par le Vénérable Maître et les deux Surveillants (5) donc par la transmission des lumières de DIEU afin de redonner l'espoir à l'homme de pouvoir sortir des ténèbres

Dans le Rituel de Compagnon : aucune réutilisation dans l'instruction sinon que comme au 1er grade, le positionnement géométrique des trois grands chandeliers est le même (6) mais il faut noter qu'aucune chandelle supplémentaire dans l'axe central n'est allumée par le VM - et on peut se demander pourquoi ?

Q: Quelles sont les vertus et qualités essentielles que doit désirer un vrai Maçon ?

R : Celles qui sont désignées par les trois colonnes qui soutiennent le temple mystique des Maçons, avoir la Sagesse, la Force et la Beauté qui les a ornées.

Q : Pourquoi ?

R : Parce qu'il doit s'appliquer à réunir en lui les proportions de ses modèles. (7) les trois vertus de Dieu (8) Je passe sur ses modèles allégoriques que l'on nous donne et qui sont SALOMON, HIRAM Roi de Tyr et HIRAM ABIF Architecte,

Q : A qui appartiennent essentiellement ces trois attributs : SAGESSE, FORCE et BEAUTE ?

R : A DIEU même. La perfection de ses ouvrages atteste la Sagesse qui en a conçu les plans, la Force qui les a exécutés, et la Beauté qui les a embellis.

Tout est dit, si l'homme a été crée à l'Image et Ressemblance du créateur, il doit grâce à ces trois vertus, réédifié son temple intérieur afin de revenir dans le sein du Père.

Dans ces instructions, il apparait évident que les trois grands CHANDELIERS autour du tapis de loge ne sont toujours pas désignés comme SAGESSE, FORCE et BEAUTE ainsi que le déplacement de celui du SUD EST au NORD EST.

Une fois cela compris et pour être plus précis sur le rôle des Lumières dans la loge de Saint Jean, nous devons nous référer à la création alchimique et à la genèse divine comme je l'écris dans mon introduction sinon on peut pas expliquer ou comprendre la signification des lumières d'ordre que nous recevons en instruction au 3 grades puis au 4ème.

Le nombre de 3 est le nombre de la création, la figure la plus simple qu'elle puisse représenter est TRIANGULAIRE ; elle est le produit de trois éléments composés eux-mêmes de trois essences. Ainsi à la dissolution de la création, les éléments séparés dans les corps qui les composaient, seront eux-mêmes dissous et résolus dans les essences qui les constituaient ; leur réintégration les ramène au principe d'où ils étaient sortis (Conférences de Lyon).

Je vous cite : « Le Rituel nous dit que l'homme est un composé TERNAIRE ; mais cela le rend-t-il particulier en regard du reste de la création ?

Pour répondre à cette question, il nous faut considérer l'aspect cosmogonique et cosmologique de la doctrine rectifiée et s'en référer à l'enseignement MARTINESIEN.

Que nous dit-il ?

Selon la doctrine de Martines de PASQUALLY, toute forme corporelle est issue de la production, par des esprits ternaires inférieurs, d'essences spiritueuses indifférenciées dans le Matras Philosophique. Ces essences sous l'action d'un Esprit Majeur Septénaire actionné par une cause active et intelligente, se différencient et donnent naissance aux trois principes fondamentaux de toute forme matérielle qui sont le SOUFFRE, le SEL et le MERCURE. Ces principes se combinent alors, sous l'action et l'entretien d'un véhicule inséré par les esprits de l'axe FEU CENTRAL INCREE, pour produire les trois principes élémentaires qui sont le FEU, l'EAU et la TERRE (9) éléments de la création que nous avons dès la réception au 1er grade d'Apprenti pendant les voyages.

Ainsi, il nous est expliqué assez clairement la hiérarchie des éléments et des essences spiritueuses, les premiers sont issus des secondes.

Ce qui permet de comprendre également que chaque GRAND CHANDELIER supportant chacun trois lumières, la disposition des grades peut être maintenue : OUEST = TERRE / SUD = FEU / NORD = EAU.

Dans le Rite Ecossais Rectifié, le chandelier à trois branches qui précède le VM à l'Illumination d'ordre et qui permet l'ouverture de la loge et il est important et vital de dire sur la convocation de n'importe quelle tenue de grade que l'ouverture des travaux se fait d'abord par « L'ILLUMINATION D'ORDRE ET ENSUITE LES TRAVAUX PEUVENT S'OUVRIR » sinon nous inversons dès le départ le sens de notre communion avec DIEU.

C'est là encore un des FAIT très marquant du Régime Ecossais Rectifié.

La Lumière du chandelier à Trois Branches manifesté par DIEU descend illuminer la loge(le Monde) dans un plan horizontal.

Ainsi dans l'allumage général des 9 lumières d'ordre (qui font 15 lumières avec les autres) possède une signification très forte.

¢LE CHANDELIER A TROIS BRANCHES AVEC SES TROIS LUMIERES SUR L'AUTEL REPRESENTE : DIEU PUISSANCE CREATRICE QUI SE MANIFESTE A NOUS PAR LA SAGESSE, LA FORCE ET LA BEAUTE

¢LES TROIS CHANDELIERS CENTRAUX A 3-6-9 LUMIERES SELON LE GRADE REPRESENTENT : LA SOURCE PRIMITIVE SECONDAIRE, C'EST-A-DIRE LES AGENTS TERNAIRES, MAIS AUSSI LES TROIS PRINCIPES FONDAMENTAUX VOIR LES ESSENCES SPIRITUEUSES DANS LEUR ETAT D'INACTION PREMIERE.

¢LES TROIS CHANDELIERS DES 2 SURVEILLANTS ET DU SECRETAIRE qui terminent et montrent la manifestation de la création du monde par DIEU et chassent les ténèbres sur tous les équinoxes.

Elles sont formées par les essences spiritueuses et associées pour former les éléments, puisqu'elles viennent s'allumer aux Trois Grands Chandeliers du centre. Si le chandelier à trois branches a engagé le plan vertical, les trois chandelles des officiers terminent le plan horizontal autour du tapis de loge.

Annexe sur le chandelier déplacé du midi est au nord est

L'homme, malgré sa chute, a toujours le même œuvre à remplir pour lequel il a été destiné et doit premièrement travaillé à sa réconciliation, seul moyen de réacquérir ses trois puissances sur l'Ouest, Nord et Sud, qui figurent :

Ouest - le Terrestre / Nord - le Céleste / Sud - le Surcéleste

Et de se remettre en correspondance avec son Quaternaire, molester les esprits pervers, en se refusant à leurs pièges et détruisant sans cesse leurs mauvais projets.

Et enfin de reprendre sur eux l'autorité qui lui était réservée, parce que si la Miséricorde divine ne veut jamais opérer quelque bien en leur faveur, ce sera la seule communication de l'homme avec eux qu'ils pourront en concevoir le désir, puisque l'homme a été établi à cette fin et que les décrets immuables de Dieu doivent avoir leur accomplissement. L'homme qui leur livre sa volonté contrarie les desseins du Créateur et renonce autant qu'il est en lui à sa destination première. Par la jonction de volonté et d'action qu'il fait avec leur Chef, il devient Un avec Lui, il devient inférieur à lui et son sujet, il est lui-même un intellect démoniaque pour séduire et pervertir ses semblables par son exemple. Il se rend coupable qu'eux même et doit, par conséquent, s'attendre à un sort pire que le leur, puisqu'il renforce le parti qui est chargé de le détruire.

Contrairement à la Maçonnerie Opérative, la signification métaphysique et illuminisme des deux colonnes à l'entrée du Temple de Salomon et pas à l'intérieur, si elles sont égale par leurs hauteurs, 18 coudées de haut, au Rectifié celle de droite se nomme « JACK » qui signifie « IL ETABLIRA » et celle de gauche se nomme « BO » qui signifie « CONFUSION ». La 1ère fait allusion à l'incorporisation de l'homme dans son corps de matière ; la seconde à celui de la femme...

Ceci vous montre que la symbolique maçonnique des grades d'Apprenti, de Compagnon et de Maitre ne sont que des leurs au Rectifié qui s'inscrivent dans la métaphore du mythe d'Hiram.

Le nombre de Confusion de la seconde colonne est désigné par le rang binaire que tient la 1ère lettre du mot BOOZ dans l'alphabet hébraïque.

Ceci dit, les grands chandeliers autour du tapis de la loge qui est le Temple de l'Homme réédifié mystiquement, sont aux 2 premiers grades disposés dans la confusion volontairement en étant au midi, au nord ouest et ouest.

Celle du midi désignait l'AME de l'Homme ou le Mineur, celle du Nord l'Esprit bon qui lui est donne pour diriger. Si la partie du Midi dans la création universelle est celle où les esprits pervers sont plus spécialement relégués, celle du Nord doit être habitée par des Esprits capables et chargés de les contenir, ce que l'Ecriture Sainte donne souvent à entendre, soit en parlant du démon de Midi, soit en parlant de l'Esprit Saint qu'elle fait toujours venir du coté de l'Aquilon.

Ces choses avaient été de même figurées avant le déluge par les deux colonnes, l'une de Pierre ou de brique, qui avait été élevée dans partie du Nord Est par la postérité de SETH, et l'autre par celle de terre qui avait été élevée dans la partie du Midi par celle de CAIN, la 1ère annonçait la Force et la stabilité des Œuvres Spirituelles Bonnes, elle résistera aux inondations du déluge et fur conservée longtemps après ; l'autre annonçait la Faiblesse et la Corruption des Œuvres de Matière, ce qui était même désigné par le nombre de confusion de ses proportions.

Aussi la colonne de CAIN fut totalement détruire par les eaux du déluge.

Rappel de la maxime du 1er voyage avec arrêt au Midi

Introducteur. « Le feu consume la corruption ; mais il dévore l'être corrompu.

Rappel de la maxime du 2ème voyage avec arrêt au Nord

Introducteur : « C'est par la dissolution des choses impures que l'eau lave et purifie ; mais elle recèle leurs influences funestes, et les principes de la putréfaction ».

Rappel de la maxime du 3ème voyage avec arrêt à l'Occident

Introducteur : « Le grain mis dans la terre y reçoit la vie; mais si son germe est altéré, la terre même en accélère la putréfaction ».

Depuis Adam jusqu'au déluge, on n'a compté que deux Nations, celle des enfants de SETH établis au Nord, appelée « Enfants de Dieu », parce que sa Loi y était conservée, et celle de CAÏN « enfants des Hommes », reléguée au Midi. Ces deux nations, par le lieu de leur demeure, figuraient les esprits pervers relégués au Midi de la création et l'esprit bon dans la partie du Nord.

On ne compte que deux nations provenues d'Adam, parce que ABEL, son second fils ne laissa point de postérité matérielle. Il n'est venu que pour opérer par sa mort la réconciliation de son Père Adam et être de la régénération universelle. CAÏN et sa postérité fait le type des esprits pervers émanés et de leurs Chefs ; SETH et sa postérité fait le type des Mineurs, ou de l'homme, second émané mais devenu l'ainé dans l'Ordre Spirituel.

Il faut retenir et observé que c'est dans la postérité de SETH et d'ENOS, son fils, que se sont passés tous les types spirituels survenus parmi les Hommes pour leur instruction jusqu'à NOE.

Dans l'origine, on voit ADAM, père temporel de toute sa postérité, faisant le type du Créateur universel, ABEL faisant celui du Régénérateur et SETH celui de l'Esprit qui instruit et dirige.

Et à partir du grade de Maitre où la véritable Initiation Rectifié commence, il est naturel que les trois chandeliers des essences spiritueuses soient déplacés dans l'émanation quaternaire et puissance de l'homme représenté et provenant de la Pensée, de la Volonté, de l'Action et de l'Opération en Quatre donc l'addition mystérieuse qui complète le nombre dénaire soit 10 ou 1, c'est-à-dire la circonférence qui est l'emblème de la puissance éternelle et de la création universelle, et son centre qui représente l'unité indivisible d'où tout est provenu et dans laquelle tout sera réintégré.

Au grade de Maitre, ceci termine l'enseignement et l'instruction sur les lumières d'Ordre.