20 - PHALEG EST RECTIFIE

                  Pourquoi PHALEG contre THUBALCAIN

Au Régime Ecossais Rectifié....

Je profite pour partager cette réflexion ésotérique et d'une profondeur initiatique pour les Maçons de l'Évangile et repris avec l'éclairage juste et parfait de Jean Marc VIVENZA qu'on lui connait pour ceux qui ont le privilège de le côtoyer.

Je reprends à quelques exceptions près le texte que vous trouverez dans le dernier livre sur « René Guénon et le Régime Ecossais Rectifié » (Pages 84 à 90) de cet ouvrage lumineux qui fera pâlir les «psittacismes» qui honteusement disqualifient la Haute et Sainte Doctrine du Rectifié. Et une fois de plus, nous instruit que le choix de Phaleg est intangible, et que sa position dans la numérologie sacrée est le SIX dernier jour de la création. Et plus anecdotique, il faut attendre le 21ème Degré du Rite Ecossais Ancien Accepté pour le voir attribué au Chevalier Noachite qui après avoir découvert qu'il était chrétien par le Christ Ressuscité au 18ème degré I.N.R.I ( IGNAE - NATURA - RENOVATUR - INTEGRA ) la nature est régénérée, ressuscitée par le feu.  Comment comprenez-vous cette transmission hermétique qui se trouvait sur la croix du Christ ? se retrouve Chrétien par obligation quelque soit sa confession...(SIC)

« Or, ce qu'il convient de souligner, ce que Jean Baptiste WILLERMOZ lui-même ne jugea jamais nécessaire de modifier lors de la transmission des Rituels du Régime Ecossais Rectifié rédigés après la Révolution Française de 1789, considérant que sur ce point sa décision avait été judicieuse et fondée sur le plan initiatique, c'est que si c'est bien la comtesse Marie-Louise de Monspey, dite Eglé de Vallières (1733-1813), Chanoinesse du Chapitre de Remiremont, sœur du chevalier Alexandre de Monspey (1739-1807), membre de la loge la Bienfaisance et Grand Profès qui, au début de l'année 1785, reçut sous l'action de l'immatérielle puissance de « l'Esprit », en communication, des lumières à titre privé, ces lumières fournissaient une sorte de nouvelle approche des thèses précédemment exposées par Martines de Pasqually à ses disciples et, surtout, leur donnaient une perspective qui ne pouvait que séduire les frères lyonnais, ceci expliquant pourquoi Jean-Baptiste Willermoz, sur les conseils avisés de l'Agent Inconnu », décida, le 5 mai 1785, par un acte entériné officiellement par la Régence Écossaise et le Directoire Provincial d'Auvergne, d'écarter. le nom de

« Tubalcaïn» des rituels rectifiés en le remplaçant par celui de « PHALEG », reconnu comme le fondateur « les « justes et parfaites Loges.

Pourquoi « Tubalcaïn » fut rejeté des rituels au profit de « Phaleg » par le Directoire Provincial d'Auvergne pour les motifs suivants :

1. Tubalcaïn est le fils de Lamech, un bigame.

2. Inventeur de l'art de travailler les métaux, il ne peut être attribué aux Apprentis Rectifiés qui viennent justement de les abandonner. Il est l'emblème des Vices, notamment sexuels.

3. Représentant une lignée antédiluvienne effacée par Dieu, il doit céder le pas à PHALEG, fondateur de la seule vraie Initiation.

Où ai-je appris à écrire ? Dans le silence d'une retraite, accablée d'une longue maladie et ne considérant qu'un dépérissement soudain. J'ai cru à la batterie qui me surpris et effraya ma raison. Seule et en présence du Tout-Puissant, j'ai invoqué mon ange gardien et la batterie m'a répondu. Voilà le commenceme11t.» (Lettre à Willermoz, 26 juillet 1806, Ms. 5885, B.M. de Lyon).

« Tubalcaïn » est, en effet, le représentant par excellence d'une dangereuse dégénérescence des métiers du feu et des forgerons, il incarne les aspects les plus maléfiques de la métallurgie et de l'Art Royal par une pratique dénuée d'humilité et de soumission vis-à-vis de Dieu : « il forgeait tous les instruments d'airain el de fer. » (Genèse N, 22). On sera, d'autre part, intéressé d'apprendre que le mot « Thébel» en hébreu, d'où provient « Tubalcaïn», a pour signification, comme l'a montré M. Berger dans sa présentation du Manuscrit Dumfries n°4, « violation de l'ordre», «mélange», « inceste », «sodomie»,« union abominable », «confusion», confusion qui est en relation directe avec le livre de la Genèse, en son chapitre onze au verset neuf, où il est fait allusion à la « confusio11 des langues» qui suivit la destruction de la tour de Babel, traçant une surprenante parenté entre Caïn, Tubalcaïn et Nemrod, comme le souligne la Jewish Encyclopédy, fameux Nemrod qui fut « vaillant chasseur devant l'Éternel» , mais qui, surtout: << Régna sur BABEL, ERCE, ACCAD et CALNE, au pays de Schinéar. » (Genèse X, 10). Ce lien avec BABEL n'est pas pour nous étonner, mais confère cependant une inquiétante continuité entre l'entreprise babélienne et les propres aspirations de Tubalcaïn ».

« Phaleg », de la race de Sem, loin d'être, contrairement à « Tubalcaïn de près ou de loin, lié à la construction de la tour de Babel, est un des fils d'Héber, l'ancêtre des hébreux directement situé dans la généalogie d'Abraham : « Il naquit à Héber deux fils: le nom de l'un était Phaleg, parce que de son temps la terre fut partagée, et le nom de son frère était Jokthan. Ils habitèrent depuis Mescha, du côté de Séphar, jusqu'à la montagne  d'Orient. » (Genèse X.25) Si la demeure de « Phaleg » se trouve aux abords de la montagne d'Orient, c'est que lui et son frère vivent éloignés de l'Empire de Babel dans le pays de Schinéar à la différence de Nemrod de la race de CHAM apparenté à « Tubalcaïn >>. Nous sommes ainsi en présence d'une opposition entre Phaleg et Tubalcaïn qui correspond à une séparation géographique et spirituelle qui prend sa source chez les trois fils de Noé, et les importantes différences gui vont surgir de cette prospérité, dont le livre de la Genèse nous entretient en ces termes : « Les fils de Noé, qui sortent de l'Arche, étaient Sem, Cham et Japhet. Ce sont là les trois fils de Noé, et c'est leur postérité qui peupla toute la terre. Noé commença à cultiver, et planta de la vigne. Il but du vin, s'enivra, et se découvrit au milieu de sa tente, Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères. Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mire sur leurs épaules, marchèrent à reculons la nudité de leur père ; comme leurs visages étaient détournés, ils ne virent point la nudité de Noé.

Lorsque Noé se réveilla de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet CHAM.

Et il dit : Maudit soit Canaan ! Qu'il soit l'esclave des esclaves de ses frères. Il dit encore : Béni soit l'Eternel, Dieu de Sem et que Canaan soit leur esclave ! Que Dieu étende les possessions de JAPHET, qu'il habite dans les tentes de Sem et que Canaan soit leur esclave ! Noé vécut, après le déluge, trois cent cinquante ans. Tous les jours de NOE furent de neuf cent cinquante ans, puis il mourut. 5Genèse IX-18-29).

On perçoit ce qui sépare radicalement les trois fils de NOE, ce qui les rend si dissemblables, dans cette répartition des terres, des régions que l'on destina à chacun d'eux afin qu'ils y développent et y fassent croitre la Vie, d'une manière cependant représentative de ce qu'ils étaient du point de vue Spirituel.

Et à ce titre, si SEM et JAPHET de façon particulière évidemment conserveront un profond respect des Lois de l'Eternel, CHAM se situera dans la parfaite continuité de CAÏN et de TUBALCAÏN, et se conduira hélas comme ces prédécesseurs à l'égard de DIEU.

Martinés de Pasqually, dans son Traité, fournira d'ailleurs une judicieuse image de la destination de CHAM, lorsqu'il établira une relation entre la sortie de l'Arche par le corbeau avant que les eaux ne se soient retirées, et la postérité de ce fils de Noé: « Le corbeau sortit de l'Arche avant que la terre fût découverte pour nous rappeler la prévarication de Caïn et prophétiser clairement celle de Cham. Il prit sa direction vers le Midi, pour nous montrer que c'était le lieu où Caïn s'était retiré et où se retirerait Cham et toute sa postérité. Il ne revint plus joindre l'Arche, pour montrer la séparation que le Créateur fit de la postérité de Caïn d'avec les enfants de Seth et pour nous montrer encore l'abandon que les Hommes à venir feraient du Culte divin pour ne se donner qu'a la matière"...

(MS 5 868, n°73, Bibliothèque Municipale de Lyon, Fonds Willermoz).

Il y a donc entre « Phaleg » et « Tubalcaïn » une totale contradiction, une distinction absolue participant des familles auxquelles ils appartiennent, une significative incompatibilité qui apparut, à Jean Baptiste Willermoz, devoir être nettement redressée et corrigée ; puisque l'on ne pouvait décemment imaginer voir subsister dans les rituels du Régime Rectifié, une référence à un personnage frappé du sceau de la réprobation, alors même que l'intention des travaux de la réforme effectuée lors du Convent des Gaules en 1778, et du Convent de Wilhelmsbad en 1782, avait eu pour objet de placer le nouveau système dans le prolongement du « Haut et Saint Ordre des Elus de l'Eternel», faisant, positivement, des «Chevaliers Bienfaisant de la Cité Sainte», et plus encore des Chevaliers Profès et Grands Profès de l'Ordre les lointains héritiers de la lignée des Justes pieux serviteurs de l'Éternel se situant dans la filiation directe d'Abel de Seth et de Sem.

Et si ce dernier point est méconnu, alors il n'est pas étonnant que tout ce qui se rapporte à la vie et à la nature du Régime Écossais Rectifié en particulier dans son élaboration et apparaisse comme une énigme incompréhensible aux Aveugles volontaires, qui ont d'ailleurs vocation, pour d'obscures raisons à le demeurer.

Citation : « Pour vous autres, il vous a été donné de connaitre les Mystères du Royaume des Cieux ; mais pour eux, il ne leur a pas été donné. Car quiconque a déjà, on lui donnera encore, et il sera dans l'abondance ; mais pour celui qui n'a point, on lui otera même ce qu'il a. C'est pourquoi je leur parle en paraboles ; parce qu'en voyant ils ne voient point, et qu'en écoutant ils n'entendent ni ne comprennent rien. Et la Prophétie d'Isaïe s'accomplit en eux, lorsqu'il dit « Vous n'écouterez de vos oreilles et vous n'entendrez point ; vous regarderez de vos yeux et vous ne verrez point. » ( Matthieu XIII-11-14)

Alors, Seigneur essaie de pardonnez à tes enfants qui ouvrent leur travaux avec TUBALCAÏN comme second surveillant dans des Temples apocryphes et où les ténèbres y remplissent les Âmes perdues sur l'écorce de leur prévarication et où la parousie du Christ est effacée de leur Esprit réprouvé.